100 ans de cinéma indien !

Cette année, l’Inde fête ses 100 ans de cinéma. Arrivée sur les côtes indiennes en 1896, la cinématographie a joué un rôle important dans la vie des Indiens : pour eux, c’est un moyen d’échapper à la réalité, de vivre dans un monde autre que le leur, de s’évader pour un instant…

Toujours en évolution, le cinéma indien est passé par plusieurs étapes avant d’atteindre la notoriété internationale qu’il connaît aujourd’hui. C’est pourquoi je vous invite à retracer le parcours du « World’s biggest dream factory » (la plus grande usine de rêves du monde)…

  

1913-1940 : De l’ère du film muet au film parlant — et autres développements

Au début du XXe siècle, le père du Cinéma Indien, Dadasaheb Phalke, a réalisé Raja Harishchandra. Sorti  en 1913, ce film révolutionnaire du cinéma muet était le premier long métrage indien : Bollywood était né !

© Tony Carr - http://www.flickr.com/photos/tonycarr/4097643060
Bollywood on set
© Tony Carr – http://www.flickr.com/photos/tonycarr/4097643060

                           

Les progrès technologiques et l’enthousiasme qu’a inspiré Bollywood à travers le monde ont engendré Alam Ara, le premier film parlant – et chantant (!) – réalisé par Ardeshir Irani et projeté en 1931 à Mumbai.

 

Désormais, les acteurs bollywoodiens pouvaient parler ! Ils criaient, ils pleuraient, et bien sûr, ils chantaient ! Aujourd’hui, le chant demeure la signature du film hindi typique.

Durant les années 1930 et 1940, on enregistre l’ascension de plusieurs personnalités telles que Debaki Bose, Chetan Anand, S. S. Vasan et Nitin Bose.

 

Pendant ce temps, l’industrie du septième art a fait d’énormes progrès au Sud de l’Inde, où des films tamouls, telugus, et kannadas font fureur. A la fin des années 1940, on tourne des films dans plusieurs langues, dont la religion est le thème dominant.

 

A partir de 1950 : L’âge d’or du cinéma indien

La lutte de l’Inde pour son indépendance pendant le années 1950 a débouché sur l’âge d’or du cinéma indien.

Adoor Gopalakrishnan © Rakesh S - http://www.flickr.com/photos/rakeshkonni/5609003975
Adoor Gopalakrishnan
© Rakesh S – http://www.flickr.com/photos/rakeshkonni/5609003975

 

Cette période historique a fourni beaucoup de nouveaux matériels à l’industrie cinématographique, dont les thèmes évoluent pour incorporer les problèmes sociaux de l’époque.

Ces films ont non seulement pour but de divertir, mais sont aussi un moyen efficace de communiquer avec le grand public.

 

C’est entre les années 1950 et 1960, qu’ont été produits un certain nombre des films les mieux accueillis par la critique et et que sont apparus les acteurs les plus mémorables de tous les temps

 

Pendant que des acteurs comme Guru Dutt, Raj Kapoor, Bimal Roy, Meena Kumari ou Dilip Kumar enchantent leur public, le cinéma indien a encore évolué avec la sortie en 1960 de Mughal-e-Azam de K. Asif, à l’origine d’une multitude de films sentimentaux partout en Inde.

 

Malgré le succès phénoménal du cinéma commercial dans les salles, le cinéma d’art et d’essai n’est pas passé inaperçu : Adoor Gopalakrishnan, Ritwik Ghatan, Aravindan, Satyajit Ray et Shaji Karun sont parmi les réalisateurs de films indépendants qui ont contribué à la notoriété internationale du cinéma indien.

  

1970 : Le film « masala »

Masala Dabba  © madlyinlovewithlife - http://www.flickr.com/photos/madlyinlovewithlife/8674850717
Masala Dabba
© madlyinlovewithlife – http://www.flickr.com/photos/madlyinlovewithlife/8674850717

Le film « masala », qui tire son nom du mélange d’épices dans la cuisine indienne, est apparu pendant les années 1970, et a subjugué le public grâce à une pléiade d’acteurs tels que Rajesh Khanna, Sanjeev Kumar, Waheeda Rehman, Asha Parekh et Tanuja.

 

L’apogée de Bollywood coïncide avec la réalisation par Ramesh Sippy de Sholay, en 1975. Mondialement encensé, ce film a permis de faire une « superstar » d’Amitabh Bachchan, qui avait déjà tourné plus d’une trentaine de films.

 

Les années 1980 ont été marquées par l’apparition de plusieurs réalisatrices telles que Prema Karnath, Aparna Sen, et Meera Nair, et par la performance cinématographique exceptionnelle de la sirène Rekha dans Umrao Jaan, réalisé par Muzaffar Ali et sorti en 1981.

                

1990 : Les merveilles des nouvelles technologies

Les années 1990 ont vu l’arrivée d’un genre mélangé de films sentimentaux, de thrillers, de films d’action et de comédies. Peu à peu, le cinéma indien s’est mis à évoluer encore une fois. Les nouvelles technologies ont engendré les effets sonores Dolby Digital®, des effets spéciaux plus avancés, et ont rendu le cinéma indien beaucoup plus attirant aux yeux du monde entier, ce qui a entraîné des investissements d’entreprises, ainsi que des scripts et des performances plus fins.

 

L’accent est désormais mis sur l’esthétique : des réalisateurs comme Shah Rukh Khan (Kuch Kuch Hota Hai, Kabhi Khushi Kabhie Gham), Rajinikanth (Annamalai), Madhuri Dixit (Saajan, Devdas), Aamir Khan (Raja Hindustani, Laagan), Chiranjeevi (Prathibandh), Juhi Chawla (Hum Hain Rahi Pyar Ke) et Hrithik Roshan (Kaho Naa… Pyaar Hai, Kabhi Khushi Kabhie Gham) expérimente de nouvelles techniques, contribuant ainsi à enrichir le cinéma indien.

 

Le XXIe siècle: L’expansionnisme de l’industrie

Au tournant du XXIe siècle, grâce à la mondialisation, le cinéma indien a trouvé le succès auprès du public international.

 

India - " Bollywood " Jaïpur (Rajasthan) Raj Mandir © Vincent Desjardins - http://www.flickr.com/photos/endymion120/4840236555
India –  » Bollywood  » Jaïpur (Rajasthan) Raj Mandir
© Vincent Desjardins – http://www.flickr.com/photos/endymion120/4840236555

Outre les diffusions régulières dans les plus grands festivals du film internationaux, le marché extérieur contribue considérablement aux recettes du box-office bollywoodien. Les investissements faits par des studios de cinéma majeurs tels que 20th Century Fox®, Sony Pictures®, et Warner Bros® confirment que Bollywood a bien gagné sa place à l’échelle mondiale.

 

Des firmes telles que Zee®, UTV®, et Adlabs® ont également suivi le mouvement bollywoodien, dans le but de produire et de distribuer des films. Grâce à ces entreprises, ainsi qu’à l’essor de multiplex à travers l’Inde, la fortune et la gloire des stars se sont envolées.

 

L’effervescence dans le monde du cinéma est telle que la National Stock Exchange (la Bourse nationale située à Bombay) a rénuméré trente sociétés de production de films en 2003.

 

Aujourd’hui, le cinéma en Inde reste la plus grande source de divertissement, malgré les nouvelles technologies comme « Direct-to-Home TV » qui apporte les films directement au petit écran.

 

Un grand honneur : le Festival de Cannes 2013

Pour fêter la centenaire de Bollywood, l’Inde a été le troisième pays à être désigné comme « l’hôte d’honneur » pour le festival de Cannes après l’Egypte en 2011 et le Brésil en 2012.

Audrey Tautou, Leonardo DiCaprio, et une des plus grandes superstars de Bollywood, Amitabh Bachchan ont officiellement ouvert le 66ème festival. Le « Roi de Bollywood », ému par l’amour et l’admiration qu’il a ressentis de la part du public, a saisi l’occasion de s’exprimer dans sa langue maternelle, l’hindi.

Bombay Talkies © Viacom 18 Motion Picture
Bombay Talkies
© Viacom 18 Motion Picture

 

Quatre films d’auteur, dont un film de Bollywood et trois films indépendants, ont été choisis pour représenter les 100 ans du cinéma indien:

 

  • Bombay Talkies, film de Bollywood d’Anurag Kashyap, Zoya Akhtar, Dibakar Banerjee, Karan Johar (Sélection officielle — hors competition)
  • Monsoon Shootout, film indépendant d’Amit Kumar (Sélection officielle, séance de minuit — hors compétition)
  • Dabba – The Lunchbox, film indépendant de Riteish Batra (Semaine de la critique)
  • Ugly, film indépendant d’Anurag Kashyap (Quinzaine des réalisateurs)

 

D’autres films ont été projetés lors du festival de Cannes, tels que Charulata de Satyajit Ray (Cannes Classics), et Bollywood, la plus grande histoire jamais contée de Rakeysh Omprakash Mehra & Jeff Zimbalist (Cinéma de la plage)

 

Mes sources:

https://www.bollywoodtourism.com/bollywood-history

http://www.bollywoodstudio.fr/linde-a-lhonneur-au-festival-de-cannes-2013/

http://www.bollywoodstudio.fr/amitabh-bachchan-ouvre-le-festival-de-cannes/

http://www.bollywoodstudio.fr/le-cinema-indien-au-festival-de-cannes-bilan/

 

Serena Tijoriwala avec la participation de Marie Nallathamby

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