Pokémon GO : L’événement portable

Bonjour!

J’ai le plaisir de vous annoncer le lancement de la rubrique jeux vidéo! Cette rubrique parlera essentiellement des sorties du moment et des jeux à venir, n’oubliant évidement pas mes coups de cœur.

Tant qu’on y est, et pour l’inaugurer, attaquons nous à l’événement vidéo ludique de cet été : Pokémon GO.

Le jeu, sorti le 24 juillet 2016 en France, dépasse très vite tous les records de téléchargements (130 millions en un mois) avec, à la clé, 206.5 millions de dollars de revenus en un mois, pulvérisant ainsi le record du monde ! Il a transcendé le marché du jeu en mettant sur la balance un nouveau type de technologie : la réalité augmentée.

Vous me direz alors : « Mais pourquoi parler de ce jeu alors que la presse et les sites dédiés l’ont déjà totalement décortiqué ? ». Et bien parce que j’ai aussi mon mot à dire et qu’on ne parle, à mon goût, pas assez de la face « sombre » de Pokémon GO…

Tout d’abord, le principe : Pokémon GO est un jeu qui utilise la géolocalisation pour faire « apparaître » les pokémons dans le monde réel et inciter les gens à aller les chasser dehors. Une fois devant le pokémon, le joueur peut le visualiser via l’écran de son smartphone en superposant une image virtuelle à une image réelle prise par la caméra du téléphone.

Mais ce n’est pas tout ! Le jeu tient également compte des données géographiques du lieu pour faire apparaître les pokémons selon le type (« eau » près des rivières, « plante » dans les forêts ou les parcs …) et les endroits d’apparition sont disséminés partout à travers le monde ! On peut même trouver des pokémons sur le front irakien ! Vous pouvez ainsi combattre les autres dresseurs dans des arènes, attirer les pokémons grâce à de l’encens, récupérer des pokéballs, des soins dans les pokéstops, et j’en passe…

Mais quelques éléments obscurs gravitent encore autour du jeu. A commencer par son créateur, John Hanke, PDG de Niantic, la société qui développe Pokémon Go. D’abord diplomate en Birmanie, il crée ensuite une cartographie en 3D pour la CIA avant de s’occuper de Google Earth puis des Google cars (ces dernières sont en fait de véritables « aspirateurs » à données, utilisant la moindre connexion au réseau d’un portable ou d’un ordinateur à proximité pour « siphonner » les données personnelles des utilisateurs revendues par la suite aux entreprises). En acceptant les conditions d’utilisation du jeu, vous acceptez d’informer la société Niantic de l’allumage de votre portable et de votre localisation GPS, ce qui peut paraître anodin, mais permet à cette société de savoir quand et où vous utilisez votre portable… De ce fait, ce jeu s’est vu interdire dans certains sites (notamment militaires), les données et visuels pouvant être exploités à des fins malintentionnées.

Mais plus que vos informations, c’est vous qui êtes en danger ! Je m’explique : depuis la mise en ligne du jeu, on déplore de nombreux incidents (collisions entre voitures et piétons, carambolages, atteintes à la vie privée…). Les gens distraits oublient toute prudence et s’aventurent dans des endroits dangereux, parfois au péril de leur vie…

D’autre part, un aspect très positif du jeu est son impact sur le côté relationel. En effet, beaucoup de gens, jusqu’alors enfermés chez eux pour jouer, sont contraints de sortir, de se balader pour attraper des pokémons. Ce faisant, ils rencontrent d’autres dresseurs et font ainsi des connaissances… De plus, les points d’apparition des pokémons sont plus abondants à proximité des monuments culturels, ce qui encourage les gens à visiter des endroits où ils n’auraient jamais eu l’idée d’aller auparavant. Des chasses collectives sont organisées et des associations se créent autour du jeu. Ce faisant, ils joignent l’utile à l’agréable en se baladant à vélo où à pied !

Du côté économique, Pokémon GO tire son épingle du jeu. En effet, malgré le fait qu’il soit free-to-play, c’est-à-dire jouable gratuitement, le jeu propose des contenus payants pour permettre d’avancer plus vite dans le jeu. Jusque là, rien de bien remarquable me direz vous, sauf que là où le jeu diffère de ses prédécesseurs, c’est par la stratégie qu’il a su mettre en place autour de ce qu’on appelle les leurres. En effet, ce sont  des encens améliorés permettant de récupérer des objets similaires à ceux des pokéstops, plaçables n’importe où pour la modique somme de 60 centimes d’euros pendant 30 minutes, ce qui n’est pas sans intéresser les commerçants qui en placent devant leurs magasins pour attirer les joueurs. Généralement, sur ce genre de jeu, seuls  5% des joueurs dépensent de l’argent pour avancer. Ici, ce sont plus de 20% des joueurs, avec une moyenne de dépense par mois de 10$ !

 

Des captures d'écrans du jeux
Des captures d’écrans du jeux

Pour conclure, je dirais que Pokémon GO a à la fois de bons et de mauvais côtés. Pour peu qu’on fasse attention, il peut réserver d’agréables moments !

Corto Garnier