Yinghui se confie à ThéoNet

 D’où es-tu originaire ?

Je viens de Cangzhou, une ville au nord de la Chine, près de Pékin. Elle se situe dans la province de Hebei et compte 35 000 habitants.

A quel âge as-tu commencé le français ?

J’ai commencé le français à la faculté après l’équivalent du baccalauréat, c’est ma spécialité à l’université.

Pourquoi as-tu été attirée par l’apprentissage de notre langue ?

Tout d’abord, il était très important pour moi d’apprendre une nouvelle langue étrangère, car j’avais des facilités en anglais au lycée et cela me procurait un sentiment d’accomplissement. J’ai choisi le français car la France m’attirait depuis longtemps. Mon père, qui travaillait dans le commerce extérieur, m’a encouragée dans ce choix.

Quelles sont les raisons de ta présence en France ?

Il me semblait important de pratiquer une langue au quotidien. Cela me permet de faire des rencontres et de me former à la pédagogie et à l’éducation.

Quelle est la procédure pour devenir assistante ?

Après avoir rempli de nombreux documents, on passe un entretien oral dans lequel on doit exprimer ses motivations. On passe aussi un contrôle médical. S’ensuit une formation d’un mois où l’on apprend les bases de la pédagogie française.

Qui t’a encouragée à venir en France ?

C’était un choix personnel validé par ma famille.

Est-ce un choix de travailler à Tarbes et pas ailleurs ?

Non, nous n’avons pas le choix de la région, j’ai été affectée ici. C’était une grande inquiétude au début mais j’en suis contente !

Quelles sont les différences entre les lycées chinois et français ?

En Chine les classes comprennent 60 élèves et ce sont les professeurs qui se déplacent. Les élèves sont plus sages et travailleurs. Ils ont plus de travail. Les mercredis après-midis ne sont pas libres et en terminale la seule demi journée de repos est le dimanche après-midi.

Et dans la vie de tous les jours ?

Au niveau culinaire, j’ai remarqué que les Français préféraient le pain, le café et les desserts. Les Chinois choisissent plutôt le riz, les raviolis, les nouilles, la soupe… De plus nous mangeons avec des baguettes et en France vous utilisez des fourchettes et des couteaux.

Quels aspects de la France t’ont le plus surprise ?

J’ai trouvé que beaucoup trop de magasins sont fermés le dimanche. Il y a vraiment beaucoup de vacances et les Français manquent un peu d’efficacité. Par exemple, obtenir des papiers peut être très long !

Avais-tu des clichés sur la France ? 

J’imaginais que les français faisaient tout le temps grève et qu’ils ne parlaient que leur langue maternelle. Je pensais qu’ils s’embrassaient tout le temps dans la rue et qu’ils ne respectaient pas trop les « règles » liées au mariage et à la fidélité. Quand j’étais petite je croyais qu’ils avaient les cheveux blonds et les yeux bleus !

Dans quels lycées et collèges travailles-tu ?

Je travaille dans deux lycées (Théophile-Gautier et Jean-Dupuy) et deux collèges (Pyrénées et Paul-Valéry, à Séméac). Je m’y rends à pied ou parfois en bus.

Que t’apporte le fait d’être assistante ?

J’ai amélioré mon français, créé des amitiés avec les élèves et les professeurs. J’ai surtout travaillé sur le métier de professeur.

Comment prépares-tu tes cours ?

Je m’adapte au programme suivi par les professeurs et j’essaye de proposer des activités ludiques. Je prépare des diaporamas avec des photos, des vidéos et des documents. Je prépare aussi ce qui doit être dit en chinois et ce qui doit être traduit.

Préfères-tu travailler avec des collégiens ou des lycéens ?

Je trouve les collégiens plus mignons mais aussi plus actifs. Je les considère cependant comme des enfants. Avec les lycéens il y a plus de dialogue car ils sont plus autonomes, je trouve cela plus intéressant.

As-tu beaucoup amélioré ton niveau de français ?

J’ai pu passer de la théorie à la pratique et améliorer ma compréhension du français.

Où loges-tu ?

Je dispose d’une chambre au dessus de la cantine. Je partage les sanitaires avec une assistante d’espagnol.

Que fais-tu durant les vacances ?

Je voyage, mais j’essaye aussi d’améliorer mon français en lisant des livres ou regardant des séries.

As-tu voyagé en dehors de notre département depuis que tu es ici ? 

A la Toussaint, je suis partie à Nîmes chez un ami chinois. Pour Noël, je suis allée en Andorre. Je suis partie un weekend à Biarritz puis en Allemagne en février. Je suis aussi allée à une conférence à Paris et je partirai en Italie en avril avec les élèves.

Comment occupes-tu ton temps libre durant la semaine ?

Je lis, je prépare mes cours, je vais au cinéma et parfois au théâtre. J’ai préparé une conférence sur la politique d’immigration chinoise et en parallèle je travaille pour mon concours de fonctionnaire en Chine.

T’entends-tu bien avec tes élèves ?

Cela dépend des élèves,mais je pense que oui. Je suis allée au cinéma avec des élèves, j’ai célébré la fête du printemps avec les terminales au restaurant et je suis aussi allée au concert de Boulevard des Airs.

Qu’est ce qui te manque le plus ?

Ma maman me manque beaucoup, ainsi que la nourriture chinoise.

Quand rentres-tu en Chine ?

Je rentrerai fin juin ou début juillet.

Quel métier veux-tu exercer ?

Je souhaite devenir professeur, sûrement de français.

Veux-tu travailler en France plus tard ?

Je ne suis pas sûre, malgré le fait que travailler dans votre pays a de nombreux avantages (rapports plus détendus avec les élèves, et surtout… des vacances !)

Quel est ton meilleur souvenir en France pour l’instant ?

Pour Noël, j’ai été accueillie par une famille suivant les traditions locales. Je me suis sentie comme un membre de la famille, c’était très agréable !

Qu’est ce que tu préfères en France ?

Les gens sont très polis, les personnes âgées élégantes et dynamiques, il y a de l’espace et des jardins. J’aime beaucoup la campagne comme à Tarbes.

Quel aspect de la France préfères-tu (art, gastronomie…) ?

J’aime beaucoup la gastronomie : mon plat favori est la raclette.

Si tu devais emporter un objet, un lieu ou une habitude française que prendrais-tu ?

J’aimerais prendre une photo de mes élèves.

A quels clichés sur les Chinois et la Chine as-tu été confrontée ?

On suppose souvent que les Chinois mangent du chien, que l’intégralité de la Chine est polluée ou qu’il est absolument impossible d’avoir plusieurs enfants.

Azam Charlotte

Tablao Flamenco

Spectacle Tablao Flamenco à la Bourse du travail  avec Lucas Lalanne Loudet, élève de seconde, Ruiz Cortes Elias, Mariano Zamora Diaz, Marina Pomares et Manuel Rodriguez.

Lucas s’élance sur un cheval invisible pour sauter au-dessus des Pyrénées. Ils se cabrent et se tordent d’abord dans une même énergie.

Puis il reste seul suspendu dans l’air qui s’enroule en volutes autour de lui. Ses cheveux aussi, comme des flammes. Chaque parcelle de son corps a une vibration, les doigts se détachent et pleurent, les yeux noyés, les sourcils arqués, le talon furieux . Est-ce seulement à cause de la plainte de la Siguiriya ? On dirait qu’il n’est plus seul et que  les âmes de tous ceux qui l’ont précédé l’accompagnent. Ses traits sont durs, le visage d’un homme qui a tout connu, sa force, sa générosité .

Il semble porter en lui «  l’Espagne blessée  », chantée par Pablo Néruda. Cette Espagne qui vit, résiste, qui tonne et qui trépigne.

Plus tard dans la soirée,  la Soléa l’apaisera,   sa main sera facétieuse, le visage badin, les talons taquins,  les cheveux sagement dans le dos. Il a rebondi de ce côté-ci de nos montagnes.

Un dernier regard sur le public, les deux cents sourires encore accrochés, les ridules au coin des yeux. C’est bon signe pour l’avenir !

 

Elisabeth Kenesi

Un philosophe triathlète

Nous avons réalisé l’interview de Jean-Christophe Holzerny, 42 ans, professeur de philosophie en classe de terminale et en CPGE EC au Lycée Théophile-Gautier depuis 2011. Nageur de formation et triathlète depuis vingt ans, il s’apprête à faire l’Ironman de Nice le 5 juin prochain. Ce défi a pour but de collecter des fonds pour l’association « A chacun son Everest ». Créée et dirigée par le docteur Christine Janin, elle aide les enfants malades du cancer ainsi que les femmes atteintes du cancer du sein à retrouver une vie normale en leur proposant des défis physiques encadrés et adaptés. Médecin alpiniste, Christine Janin a été la première française au sommet de l’Everest et la première femme au monde à atteindre le pôle Nord. Son but est de montrer aux malades, par les défis physiques qu’elle leur propose, qu’ils peuvent surmonter leur souffrance et leur appréhension et croire à nouveau en une vie normale.

Pourriez-vous nous parler de vous ?

Je suis originaire de Nice. Troisième enfant d’une famille qui en compte quatre, j’étais un gamin assez solitaire. Mes parents ont très vite perçu le plaisir que j’avais à être dans l’eau — ou sous l’eau plus exactement — et m’ont inscrit au club de natation local. A huit ans j’ai été repéré par un entraîneur polonais et dès l’âge de dix ans j’ai très vite fait partie des meilleurs nageurs français. Dès la sixième,  je commençais à nager à 6h le matin, avant les cours, puis j’y retournais le soir. Par la suite et jusqu’en terminale je m’entraînais cinq à six fois par semaine. Le sport est donc devenu très tôt dans ma vie une activité quotidienne et importante.

 

Quelles études avez-vous poursuivies ?

J’ai passé un bac C (ancien bac S) par devoir plus que par vocation. Je l’ai obtenu dans la difficulté et j’ai donc décidé de refaire une année de terminale A1 (ancienne TL) pendant laquelle je me suis épanoui, notamment en philo. J’ai poursuivi mes études en prépa littéraire, (hypokhâgne et khâgne) à Nice puis au Lycée Louis-le-Grand à Paris, et j’ai été admis à l’Ecole Normale Supérieure (Ulm). J’ai ensuite obtenu l’agrégation de philosophie en 1998. Au fil du temps, je me suis aperçu que mon travail scolaire était bien plus productif et efficace lorsqu’il était associé avec mes entraînements, même en classes préparatoires.

Vous n’avez jamais voulu intégrer un sport-études au cours de votre scolarité ou bien devenir professeur d’éducation physique et sportive ?

Si j’avais osé décider seul, j’aurais souhaité ne faire que du sport et consacrer mes études à ce domaine. Mais il n’a jamais été question pour mes parents  — et pour moi non plus en fait — que le sport devienne une priorité sur les études. J’avais le droit d’aller nager et de faire du sport. Ma famille m’a toujours soutenu, s’est impliquée dans mes entraînements et mes compétitions, mais il fallait que les résultats scolaires suivent. Pour moi aussi il était important d’avoir une scolarité « normale ».

C’est donc le professorat de philosophie que vous avez plutôt choisi ?

C’est vrai que le lien entre philosophie et sport n’est pas si évident et que mon profil peut paraître étrange. Je me suis senti longtemps déchiré entre ces deux activités. Quand j’étais à l’ENS, entouré d’intellectuels, je préférais cacher que je faisais du sport et dans le contexte sportif on ne parlait pas études, encore moins philosophie. Dans l’histoire de la pensée d’ailleurs, très peu de philosophes parlent du corps, de l’effort physique, sans doute parce qu’ils défendent ce privilège de l’âme sur le corps qui fait croire à l’homme qu’il est au-dessus de l’animal et qu’il est libre, indépendant de la nature. Le corps est même désigné comme une prison pour l’âme depuis Platon. Seul Nietzsche a abordé ces questions en revalorisant l’importance du corps parce qu’il était très malade et qu’il a vécu dans une souffrance physique permanente. Or selon lui, la santé, paradoxalement, ce n’est pas « le silence des organes », qui est une façon de dire qu’il faut que le corps se fasse oublier. Mais c’est tout le contraire : la « grande santé » ne s’éprouve que dans la confrontation à des expériences extrêmes. D’où le sens de mon défi et surtout mon désir de participer à cette association qui incite les enfants en rémission, certainement accablés et fatigués de lutter contre la maladie, à découvrir une souffrance positive, signe de santé et de vie : c’est une réconciliation avec leur corps.

Quand avez-vous commencé les triathlons longue distance ou les Ironmans ?

Pendant mon enfance, j’ai assisté chaque année au célèbre triathlon international de Nice qui s’est transformé en 2005 en Ironman. J’ai pu y côtoyer Yves Cordier, un des grands triathlètes français originaire lui aussi de Nice ainsi que Mark Allen, triathlète américain, qui a remporté neuf fois le triathlon international de Nice et six fois le championnat du monde d’Hawaï. J’ai fait  mon premier triathlon à 18 ans et, pendant mes années à l’ENS, j’ai été recruté par le Racing Club de France. Durant cette année avec l’équipe élite, je me suis entraîné avec des professionnels et j’ai décroché des contrats… Je ne faisais que des distances courtes : 1,5 km de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied. J’ai très vite compris que j’étais plus fait pour des épreuves d’endurance, aussi bien physiquement que mentalement. L’idée m’est venue d’aller, pourquoi pas, participer un jour au championnat du monde d’Hawaï, le triathlon longue distance le plus connu de la planète. En 2002, j’ai terminé 17ème sur le triathlon international de Nice et en 2003, j’ai fini 9ème du championnat de France longue distance.

Quels sont vos souvenirs les plus marquants ?

Mon meilleur souvenir est sans doute le half-ironman de Barcelone en 2014. C’était la course quasi parfaite ! Je termine deuxième de ma catégorie obtenant ainsi une qualification pour les championnats du monde au Canada le 7 septembre, date malheureusement incompatible avec mon métier d’enseignant.  Le plus mauvais souvenir, surtout pour mes proches, c’est le triathlon de Bilbao il y a trois ans. Dans une eau à 11°C, sous la pluie et dans le vent, j’ai dû abandonner lors de l’épreuve à vélo. Ma température corporelle était descendue à 29°C, et j’ai passé trois heures sous assistance médicale pour retrouver mes esprits !

Qu’est-ce qu’un Ironman ?

Le principe de l’Ironman est né en 1975. C’était un défi délirant, de militaires américains qui souhaitaient savoir qui des nageurs, des cyclistes ou des coureurs étaient les meilleurs. Ils ont donc décidé d’enchaîner les trois courses les plus éprouvantes disputées sur l’île : le Waikiki Roughwater Swim (3,85 km de natation), la course cycliste Around-Oahu (185 km à vélo) et le marathon d’Honolulu (42,195 km de course à pied). Un Ironman se compose donc de 3,8 km de natation, 180 km à vélo et de 42 km de course à pied pour une durée d’efforts de huit heures pour les meilleurs jusqu’à quinze ou seize heures pour les moins pressés… L’esprit originel de l’Ironman, c’est la confrontation à soi et non aux autres, la découverte des capacités insoupçonnées du corps au contraire du facteur limitant de l’esprit : c’est l’âme qui est une prison pour le corps parce que c’est toujours la tête qui décide d’abandonner ou de continuer.

Pouvez-vous nous parler de l’Ironman de Nice auquel vous allez participer le 5 juin ?

C’est une des courses qualificatives officielles pour l’Ironman d’Hawaii. A Nice, il y aura 40 « slots » (places qualificatives)  attribués pour Kailua-Kona dont probablement 7 dans ma catégorie d’âge (40-44 ans). Les places vont être chères car sur chaque Ironman, c’est entre 2000-3000 participants et les meilleurs triathlètes ont souvent entre 35 et 45 ans. Ils ont en effet l’expérience nécessaire pour ce genre d’épreuves longues distances qui nécessitent de la maturité physique et mentale. J’ai d’ailleurs déjà tenté à trois reprises l’Ironman de Nice et j’ai dû abandonner chaque fois sur blessure. J’ai par contre terminé l’Ironman de Barcelone en 2013 (101è sur 2500) avec une fin de course sur le marathon très difficile.

Comment vous préparez-vous pour cet Ironman ?

On ne peut pas être seul dans une telle aventure. Au quotidien il faut le soutien et l’attention des proches (femme et enfants). Par ailleurs, mes deux frères sont des coureurs de très bon niveau et il y a toujours eu de l’émulation entre nous, du soutien, et de la fierté pour nos résultats respectifs.  François est champion de France vétéran de marathon (2h22) ; Benoît, le plus jeune, a été sélectionné en équipe de France pour les championnats du monde de semi-marathon (1h04) et c’est lui qui se charge de mon entraînement en course à pied. En ce qui me concerne, le but premier est de finir, mais toute la préparation se fonde sur des objectifs chronométriques qui permettent de construire les durées et les allures des séances d’entraînement. La réussite dépendra de ma capacité à approcher le plus possible ces objectifs et la satisfaction viendra de tout ce chemin parcouru depuis janvier. Je veux aller au bout de ce que je peux faire réellement. Pour ce qui est de la préparation physique elle-même, après avoir fait le 25 octobre 2015 le trail des Templiers (77 km en 8h54), j’ai fait une pause. Puis j’ai mis en place un entraînement spécifique pour la préparation de cet Ironman à partir du mois de janvier. Il faut en effet environ six mois de préparation pour être « acteur » et non pas subir la course.

Une semaine type, en fonction des cours, des colles en prépa et des copies, c’est si possible trois séances dans chacune des trois disciplines. Je nage souvent entre midi et 14h et je profite des week-ends pour faire des séances plus longues. La moyenne est de 12 à 14h d’entraînement par semaine avec quelques pics à 17 ou 18h. A l’heure actuelle, je suis dans une période où le volume d’entraînement est important. J’ai même profité des vacances de Pâques pour aller faire le repérage du parcours, ce qui est très précieux pour gérer les efforts le jour de l’épreuve. Deux semaines environ avant la course, l’entraînement va baisser en intensité et en volume. C’est d’ailleurs dans cette période de relâchement, à la fois physique et mental, que surviennent les blessures. Il faut être très à l’écoute de son corps.

Que cherchez-vous dans cette pratique ?

De l’extérieur, tout ceci peut paraitre excessif et je ne nie pas qu’il y existe une forme d’addiction. Mais la quête de la souffrance physique et psychique a un véritable sens à mes yeux à condition de bien la comprendre. Très longtemps je n’ai pris aucun plaisir à m’entraîner et je pensais que la seule compensation était le résultat. Ce n’est qu’en débutant le triathlon que j’ai compris la satisfaction physique et intellectuelle qui accompagne la souffrance ressentie. Ce qui est intéressant, c’est quand on se met à l’épreuve de la souffrance et qu’on se rend compte qu’on arrive à la surmonter, qu’on peut la contrôler et même la dépasser grâce à un travail mental. Ce n’est pas la souffrance de la maladie, qui est subie. C’est une souffrance qu’on s’inflige volontairement, qu’on apprivoise au jour le jour. C’est justement ce qui m’a séduit dans la démarche de l’association « A chacun son Everest ! » : « s’appuyer sur la force du parallèle symbolique entre la difficulté de l’ascension d’un sommet et celle du chemin vers la guérison ». J’ai la chance, même si j’ai connu la souffrance subie suite à un grave accident de vélo, de choisir mon défi. Il peut paraître démesuré, mais il n’est pas plus grand que celui de ces enfants qui après avoir lutté pour rester en vie, surmontent concrètement leurs peurs et leur fatigue en escaladant un sommet.

Au mois de janvier nous avons lancé une collecte sur le site « alvarum.com », et nous avons déjà récolté presque 500€ en quelques semaines. L’objectif serait d’atteindre la somme de 1000€ le 30 juin. Il est très simple de faire un don : il suffit d’aller sur le site « alvarum.com », de taper mon nom et de suivre les instructions. L’intégralité des sommes est entièrement reversée à l’association. Il est également possible de suivre sur le site l’actualité de mes courses et de ma préparation. Le paiement est totalement sécurisé et tous les dons, même les plus modestes, sont bienvenus. J’ai aussi créé une page, « la collecte de Jean-Christophe Holzerny » sur Facebook.

Si vous voulez avoir de plus amples informations sur les missions de l’association, n’hésitez pas à aller visiter le site « A chacun son Everest ! ».

Léa Cazalas & Chloé Cazajous

Regard d’une terminale

Aujourd’hui nous avons interviewé Marie-Elisabeth Hollin, élève de terminale ES au lycée Théophile-Gautier. Nous lui avons posé différentes questions sur ses années lycée.

Ta meilleure année au lycée?

Je pense que c’est mon année de première ES. J’ai adoré le programme, la classe et les profs étaient super sympas. Les enjeux étaient très différents de la seconde et encore plus de la terminale. Pour être plus précise, mises à part les épreuves anticipées du bac, je n’avais pas de réel stress par rapport au problème de l’orientation comme en seconde ou en terminale, concernant la saisie des vœux APB ou le choix de mon futur lieu d’études.

L’échéance du bac te stresse-t’elle ?

Oui, mais moins qu’ APB et le post-bac en général. Disons que le bac avec un peu de travail, c’est accessible, alors que pour l’APB, même si c’est nous qui entrons des vœux,  nous ne savons pas où nous serons affectés, ce qui est un vrai facteur de stress mais aussi d’excitation.

Quelles études envisages-tu après le bac ?

J’aimerais aller à Sciences po Toulouse pour devenir journaliste ou diplomate spécialisée dans la gestion de crise. Malheureusement l’accès étant très sélectif, si je n’ai pas le concours, j’envisage une prépa afin de me laisser une deuxième chance.  Avec un bagage de connaissances plus solide qu’en fin de terminale.

©Hervé Cazcarra
©Hervé Cazcarra

Que retiens-tu de tes années au lycée ?

Beaucoup de choses ! Non plus sérieusement, si je faisais un bilan, je remarquerais surtout que je suis devenue plus mature et moins têtue. Je m’intéresse de plus en plus aux débats et aux discussions. Je me suis ouverte davantage au monde et maintenant je peux comprendre plus de choses quant à la politique ou à l’actualité par exemple. Je retiendrai aussi que je me suis beaucoup amusée et libérée durant ces trois ans. Bref, que du positif !

Quels sont tes meilleurs souvenir à « Théo » ?

Toutes les représentations de l’atelier théâtre : des moments aussi magiques les uns que les autres. C’est pour moi l’une des meilleures expériences que j’ai vécue. J’ai compris et appris beaucoup de choses sur moi grâce à Frédéric Garcès, notre metteur en scène . Mon second meilleur souvenir est le voyage à Londres, un rêve que j’avais depuis longtemps. J’ai pu le réaliser accompagnée de ma meilleure amie et surtout grâce à Mme Galifier. C’était une super semaine dans une famille d’accueil en or !

Aurais-tu quelques conseils à donner aux élèves de première qui passeront le bac l’année prochaine ?

Bonne chance déjà ! Surtout il ne faut pas stresser toute l’année, ça ne sert a rien, c’est contre-productif. Apres le meilleur de tous les conseils qui ne s’applique pas seulement au bac « tout travail mérite salaire » donc si vous allez en cours, que vous apprenez vos leçons  régulièrement, normalement le bac n’est qu’une formalité. Si vous avez vraiment du mal, servez vous de vos derniers mois de première pour trouver la méthode d’apprentissage la mieux appropriée. Mais le principal, croyez en vous et ne laissez personne vous décourager.

Noa Casadebaig

Un vrai talent !

Au lycée Théophile-Gautier, nous valorisons tous les talents ! Nous allons ici nous attarder sur celui de Meithien Lasserre, élève de 2e6, qui depuis son plus jeune âge, dessine des œuvres saisissantes de réalisme qui nous plongent dans son monde imprégné de culture asiatique et de personnages médiatiques. Meithien nous dévoile ses techniques, ses inspirations et les avantages qu’elle tire de ce talent.

Depuis quand dessines-tu ? Qui t’a donné envie de dessiner ?

Je dessine depuis que je suis petite. C’est un loisir que j’ai découvert seule, cette activité est très importante pour moi et mon équilibre. C’est véritablement une facette de ma personnalité.

As-tu déjà pris des cours ?

J’ai déjà pris des cours pendant trois mois en 2014 à l’école des Beaux-Arts de Tarbes. J’ai arrêté car je préfère gérer mon travail moi-même. J’ai pris ces cours dans le but de perfectionner ma technique mais ayant vite senti que j’avais déjà des acquis solides, j’ai rapidement interrompu ma formation.

Pourquoi dessines-tu ?

Je dessine parce que pour moi c’est un exutoire qui me permet de m’évader et d’échapper au quotidien et à la routine.

Pour qui dessines-tu ? As tu des « commandes » ?

Je dessine pour mon propre plaisir mais aussi pour des amis qui apprécient mes dessins et, bien sûr; pour ma famille. Des gens de mon entourage m’ont déjà passé des commandes, notamment ma mère pour décorer son restaurant.

D’où vient ton inspiration ?

Mon inspiration provient de mon quotidien et de mon humeur. Cela dépend des personnes pour qui je réalise mes œuvres. Par exemple, pour mon père, j’avais représenté un samouraï symbolisant le courage et la force tandis que pour ma mère, j’avais dessiné deux tigres par rapport à ses origines asiatiques. Je dessine souvent des personnages que j’apprécie et que j’aime beaucoup comme mes grands-parents.

Quels sont les personnages que tu représentes ?

Je représente des chanteurs de K-pop (musique coréenne) et des acteurs. J’ai également dessiné la mannequin américaine Cara Delevingne.

Quelles techniques utilises-tu ?

Je n’utilise pas de techniques récurrentes. Je me sers de feuilles Canson noires et blanches et de crayons à papier HB 2B 4B, basiques. Lorsque je réalise des œuvres en couleur, ce qui est plutôt rare, je les peins. Les formats sont très variés, ma plus grande œuvre est celle des deux tigres qui mesure 120cm sur 70cm.

Quel est ton style de dessin ?

Mes dessins sont généralement réalistes.

Quel est ton dessin préféré ?

Mon œuvre favorite est celle du samouraï car elle était destinée à mon père pour son anniversaire. Elle a été réalisée en 2014 et offerte le 14 décembre. C’était pour moi quelque chose de sentimental et je me suis énormément impliquée dans ce dessin.

Quels sont tes artistes peintres favoris ?

J’aime beaucoup Dali pour son extravagance mais à part lui je n’ai pas d’artiste fétiche.

Combien de temps mets-tu à réaliser tes créations ?

Cela varie selon l’envergure du dessin et selon mon inspiration. Pour celui du tigre cela m’a pris trois jours et je dépasse rarement cette durée. Je dessine généralement par petites touches, je ne m’investis jamais sur une œuvre pendant une longue période sans interruption.

Quels sont les avantages de pratiquer le dessin ?

Cela me permet d’exprimer des émotions diverses, mon ressenti, mais aussi d’inventer des histoires en créant des bandes dessinées de temps à autre.

Veux-tu en faire ton métier ?

Je souhaiterais devenir designer mais j’ignore dans quel domaine. J’aimerais profiter de mon talent afin de le valoriser dans mon futur métier, qui dans tous les cas aura un rapport avec l’art.

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©Meithien Lasserre – Crédits photos Hervé Cazcarra

Charlotte Azam

Sabre : 2 médailles d’or en Hongrie

La sélection tricolore dans laquelle figurent Naël Canali, Charles Colleau, Baptiste Dubarry, Jean-Philippe Patrice et Hugo Soler a disputé la première manche de la Coupe du Monde (la coupe Héraclès) à Budapest en Hongrie.

En individuel, Jean-Philippe Patrice est monté sur la plus haute marche du podium en battant en finale l’italien Dario Cavaliere 15 touches à 8. Cela n’était pas arrivé depuis 20 ans ! En effet, Damien Touya, ancien élève de Théo et champion olympique de sabre, est le dernier français à avoir remporté la coupe Héraclès.

Le lendemain, le Pôle France Sabre de Théo s’est également distingué en battant de justesse en finale la Russie (45 touches à 44), remportant ainsi une nouvelle médaille d’or par équipe.

Les 10 et 11 Octobre, nos champions disputeront le Circuit National Sabre Junior des Templiers à Gisors dans l’Eure. Nous leur souhaitons tout autant de réussite sur cette nouvelle compétition.

Hélène Lafitte

Les coulisses du bac

Les épreuves écrites du bac 2014 sont terminées depuis lundi après-midi. On peut enfin décompresser en attendant les résultats…

ThéoNet vous propose de vous faire découvrir (une partie) des coulisses de l’examen. Quand les sujets arrivent-ils au lycée ? Comment cela se passe-t-il s’il faut utiliser les sujets de secours ? Qui va nous corriger ? Que deviennent nos copies une fois que nous les avons rendues ? Puis-je contester une note et comment faire ? Faut-il venir au lycée le jour des résultats ? La réponse à toutes ces questions dans notre article !

Notre lycée a été choisi comme centre d’examen pour les séries L et ES de Tarbes. Madame la Proviseure, s’est prêtée au jeu de l’interview.

 

Hélène Prévost, Proviseur du lycée Théophile-Gautier © Hervé Cazcarra
Hélène Prévost, Proviseur du lycée Théophile-Gautier © Hervé Cazcarra

 

Quand les sujets du bac arrivent-ils au lycée ?

Nous recevons les sujets environ 15 jours avant le début des épreuves, acheminés par transporteur spécial. Ils sont rangés par lots de 25 dans des enveloppes noires scellées. Ils sont ensuite stockés dans un coffre fort au lycée. Tout est très sécurisé.

 

Et les sujets de secours ?

Nous ne recevons que les sujets initialement prévus. S’il fallait utiliser les sujets de secours, le « plan B » se mettrait en place. Cela fut le cas l’année dernière pour la philosophie et les maths. Les sujets de secours sont stockés au rectorat à Toulouse. S’il faut recourir à cette éventualité, celui-ci se charge de les distribuer dans les différents départements de l’académie. Par exemple, l’an passé pour le sujet de secours de maths pour la série ES, le rectorat avait acheminé les sujets jusqu’à Lannemezan et chaque centre d’examen devait aller chercher le sujet bis pour son établissement. Tout est prévu pour que l’épreuve puisse avoir lieu en cas de problème de dernière minute.

 

Comment s’est passée la session 2014 du bac ?

Pour le moment, tout s’est bien passé. C’est même une année calme par rapport à la session 2013 où il avait fallu utiliser les sujets de secours. La grève SNCF de cette année ne nous a pas concernés. Les inondations de juin 2013 avaient posé davantage de problèmes notamment pour les candidats originaires des zones sinistrées. Cette année encore le lycée était centre d’examen pour les séries L et ES : environ 275 élèves de Terminale ont composé à Théo, venant principalement de Marie-Curie, Jean-Dupuy et Jeanne d’Arc. Jean-Dupuy accueillait les S, Marie-Curie les filières technologiques.

 

Que se passe-t-il une fois que l’on a rendu notre copie ?

1. Le secrétariat d’examen : A la fin de l’épreuve, les surveillants de salles apportent les copies au secrétariat d’examen. Le secrétariat vérifie immédiatement que le nombre de copies correspond au nombre de candidats dans la salle. Ensuite, il « anonyme » les copies en découpant la partie supérieure de chaque copie et en collant une étiquette correspondant au numéro d’anonymat du candidat. Ainsi, le correcteur découvre une copie parfaitement anonyme, avec seulement un numéro.

Il faut savoir que le lycée centralise toutes les copies des candidats L et ES du département. Entre 18h et 20h, les copies des lycées d’Argelès, de Vic-en-Bigorre, Lourdes, Lannemezan, Bagnères de Bigorre… arrivent au secrétariat d’examen du lycée. Le nombre de copies est alors vérifié, celles-ci sont stockées en sécurité avant d’être anonymées le lendemain.

2. La correction : Une fois anonymées, les copies sont acheminées par transporteur spécial vers les établissements des correcteurs. Une fois la correction faite, les copies sont renvoyées au lycée.

3. La réunion du jury du bac : Le jeudi 3 juillet, la veille de la publication des résultats, les jurys se réunissent en commission. Tous les candidats sont concernés, c’est là que le jury va donner ou non les quelques points qui manquent pour avoir une mention, pour avoir le bac ou pour être admis au second groupe (rattrapage). Le jury étudie alors les livrets scolaires, les avis du conseil de classe  et les appréciations des enseignants jouent un rôle primordial.

4. Le stockage : Nouveauté cette année, les copies sont conservées par le centre d’examen pendant un an avant d’être renvoyées au rectorat. Il est ainsi plus facile et plus rapide d’obtenir sa copie en cas de réclamation.

Le secrétariat d’examen est composé de 12 personnes (désignées par le rectorat) : uniquement des professeurs du lycée plus nos deux CPE, les enseignants membres du secrétariat de bac ne corrigent pas les épreuves. A noter que les CPE jouent un rôle particulier dans l’organisation du bac : en plus de participer au secrétariat d’examen, ils s’occupent de la préparation des salles, de l’accueil des examinateurs et de la préparation des dossiers pour la surveillance de chaque épreuve dans chaque salle…

Emmanuel Picard, CPE accueille un examinateur © Hervé Cazcarra
Emmanuel Picard, CPE accueille un examinateur © Hervé Cazcarra

 

Qui va corriger nos copies ?

Les copies des élèves qui ont passé leur bac à Théo seront corrigées par des enseignants de lycées des Hautes-Pyrénées, de Haute-Garonne, du Gers… Mais dans tous les cas il est impossible qu’un professeur corrige la copie d’un de ses élèves.

 

Tous les ans, on entend dans les journaux le fait divers : « Un prof s’est fait voler ses copies, les élèves doivent repasser l’épreuve… » Pourquoi les professeurs ne corrigent-ils pas dans les lycées pour éviter que les copies ne se perdent ?

Le rectorat donne des directives pour la correction. Certaines années il arrive que les corrections s’effectuent uniquement dans les lycées, d’autres où les professeurs peuvent corriger chez eux. Il faut savoir que les problèmes sont extrêmement rares et lorsqu’ils surviennent ils sont forcément très médiatisés. Il y a ensuite un problème de place : où mettre tous les correcteurs ? Car il faut savoir que même si les écrits sont terminés, il y a encore des épreuves orales. 

 

© Hervé Cazcarra
© Hervé Cazcarra

Le bac : un diplôme encore pertinent ?

Actuellement, c’est un diplôme indispensable pour entrer dans l’enseignement supérieur, le bac est d’ailleurs le premier diplôme universitaire.

Il a su évoluer au fil des années. Notamment avec le contrôle en cours de formation comme en EPS, les épreuves pratiques en filière S (Évaluation des Compétences Expérimentales en Physique-Chimie et en SVT), les oraux en langues vivantes… Il a évolué et je pense qu’il n’a pas fini d’évoluer. Le contrôle continu prendra peut-être dans les années à venir le pas sur l’examen final.

Le bac remplit parfaitement son rôle et a su accompagner la massification de l’enseignement secondaire. A mon époque, seul 1 candidat sur 3 avait son bac ! Je ne suis pas d’accord quand j’entends dire aujourd’hui qu’avec un taux de réussite de 90% on donne le bac. C’est faux ! Les compétences et les exigences ont évolué mais obtenir son bac aujourd’hui n’est pas possible sans travailler.

 

Contester une note au bac, c’est possible ? Comment faire ?

Il est effectivement possible de contester une note obtenue. Pour cela il faut réclamer sa copie après les résultats et envoyer un courrier au centre d’examen en expliquant pourquoi l’on conteste la note attribuée. Une réponse sera alors apportée. Mais dans tous les cas cela ne changera pas la note sauf erreur de saisie ! Le jury est et reste souverain.

 

Le 4 juillet à 10h, les résultats sont publiés, faut-il se rendre au lycée ?

Oui, bien sûr ! Les résultats des élèves de Théo (L-ES-S) seront affichés au lycée à partir de 10 h. A part le fait d’être dans « l’ambiance de la publication des résultats », il faut impérativement retirer ce jour-là son livret scolaire et son relevé de notes, qui est la preuve officielle de l’obtention du bac. Ce relevé de notes est indispensable pour s’inscrire dans le supérieur. Il faudra ensuite venir retirer au lycée son diplôme du bac à partir du mois d’octobre.

Pour les candidats qui doivent passer l’épreuve du second groupe on peut déclarer, dès le 04 juillet, les deux matières que l’on présente. Les conseils des professeurs, présents au lycée lors de la remise des livrets et des relevés de notes, sont alors très importants.

 

Et si je ne suis pas là le 4 juillet ?

Bon, certes, on peut ne pas être là le jour de la publication des résultats… un accident peut toujours arriver et il n’y a aucune marge de manœuvre pour ceux qui doivent passer l’oral (publication le vendredi, oraux de rattrapage lundi et mardi…)
Pour les autres, ils peuvent faire venir leurs responsables légaux ou bien venir les jours qui suivent, mais ils ont besoin du relevé de notes qui atteste de leur réussite au bac pour s’inscrire définitivement dans leur établissement universitaire, il vaut mieux ne pas traîner !

Les consignes de l’administration pour les résultats du bac

En attendant le 4 juillet, bon repos à tous !

François Redon

Dans le jardin secret d’Eden

© Jean-Philippe Trapes

Eden Roux, élève de 2°8, s’est récemment fait remarquer grâce à des dessins qu’elle publie sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) et qui sont d’une qualité et d’une précision remarquables pour son âge. Nous en apprenons plus sur cette jeune prodige.

— Comment as-tu commencé à dessiner ? Te souviens-tu d’avoir eu une sorte de déclic ?

J’ai toujours été plus ou moins plongée dans l’univers du graphisme : depuis que je suis petite, ma mère, mes frères dessinent. Je ne me rappelle pas avoir commencé à un moment très précis, mais lorsque je reparle du passé avec ma famille, ils me disent que j’avais en permanence un crayon et un calepin sur moi pour griffonner. Je pense que cette passion  m’est venue naturellement.

— Et qu’est-ce que ça t’apporte ? Qu’est-ce que tu ressens en dessinant ?

Cela me fait du bien. Quand je suis stressée, j’ai l’habitude de gribouiller sur un peu tout ce qui me passe  sous la main, même si c’est très brouillon. Je pense que c’est parce que j’ai besoin de concentration pour dessiner, et c’est ça qui me détend, en quelque sorte.

— Est-ce que tu privilégies des thèmes en particulier pour tes créations ?

On ne peut pas vraiment parler de thèmes. J’aime beaucoup tout ce qui se rapporte à l’abstrait, c’est-à-dire tout ce qui fait appel à mon imagination. En dehors de ça, mes dessins sont souvent assez « naturalistes » : je réalise beaucoup de natures mortes, d’objets… mais je reconnais qu’étant une grande fan de mangas, j’ai aussi essayé pendant une assez longue période de reproduire ce genre de graphisme.

©Eden Roux - http://instagram.com/p/nTKpMhE43C/#
©Eden Roux – http://instagram.com/p/nTKpMhE43C/#

— As-tu des sources d’inspiration ?

Non. Le plus souvent, je pars d’un point, d’une idée… et j’essaie de structurer autour de ça. Par exemple, lorsque je dessine une personne, j’essaie de partir d’une position, d’une stature en particulier. C’était plus simple quand j’étais petite, lorsque je ne respectais pas ou peu les proportions ; mais maintenant je sais qu’il existe des limites à ne pas franchir pour conserver un certain réalisme. Mais bon, je reconnais avoir déjà été influencée par des éléments de mon quotidien, comme des livres ou des films par exemple.

— Tu publies beaucoup de tes dessins sur les réseaux sociaux : est-ce que tu reçois des avis positifs ?

En général, mes dessins sont plutôt appréciés, oui. Mais je crois que ce qui me marque le plus, c’est lorsque mes frères y mettent un J’aime sur Facebook (ses frères sont dessinateurs professionnels, NDLR). J’aimerais aussi qu’ils y mettent plus de commentaires, pour m’expliquer ce qui ne va pas, au niveau des proportions par exemple, et qu’ils me disent ce que je pourrais améliorer dans mes dessins. C’est un peu chercher le bâton pour me faire battre, mais leurs avis et leurs conseils me tiennent vraiment à cœur.

© Jean-Philippe Trapes
© Jean-Philippe Trapes

— Enfin, est-ce que tu aimerais toi aussi travailler dans le dessin plus tard, comme tes frères ?

J’y ai déjà pensé étant petite. Mes frères ont tous les deux bien réussi (bon salaire, éditeur, salon de la BD…), mais j’hésite en réalisant tous les efforts qu’ils ont dû fournir pour arriver à leurs fins. Je pense donc plutôt me tourner vers des études « traditionnelles » qui amènent plus facilement à un travail fixe ; parce que c’est super de pouvoir concilier passion et métier, mais je n’ai pas assez confiance en moi pour envisager un tel projet.

Propos recueillis par Jean-Philippe Trapes

Autisme : elle s’appelle… c’est ma sœur

© Ministère du Travail, de l'Emploi et de la santé - https://www.flickr.com/photos/ministere-du-travail/4483250919/

L’autisme : un handicap et non une maladie

L’autisme : c’est quoi ? Lorsque je pose cette question autour de moi, la réponse est incomplète, vague et souvent déplacée… Il est vrai que peu de personnes s’intéressent à l’autisme. Celles qui en sont atteintes sont trop souvent rejetées par la société, considérées comme « bizarres », « débiles », « triso », « différentes »…

Pourquoi la différence fait-elle aussi peur ? Pour ma part, il m’a suffi d’être concernée pour prendre ce handicap au sérieux : ma petite sœur, atteinte d’autisme, m’a appris la vie, la différence, la tolérance, le respect, la volonté et l’espoir. C’est la raison pour laquelle je suis très fière d’être sa grande sœur et que je lui dédie cet article. Au-delà de la grande affection que je lui porte, je voudrais que toutes les personnes en situation d’autisme soient reconnues et respectées… 

© Ministère du Travail, de l'Emploi et de la santé - https://www.flickr.com/photos/ministere-du-travail/4483250711
© Ministère du Travail, de l’Emploi et de la santé – https://www.flickr.com/photos/ministere-du-travail/4483250711

Pour mieux comprendre ce que je veux dire, tapez seulement « autisme » dans Google : l’autisme (nom masculin du grec autos, soi-même) est reconnu comme un handicap depuis 1996 par la loi « Chossy ». Il est devenu une grande cause nationale en 2014, avec la création d’une Journée nationale de l’autisme le 2 avril. Ce trouble neuro-développemental se manifeste dès l’enfance par des difficultés entraînant différents types de déficiences. C’est un handicap cognitif sévère très fréquent : un enfant sur cent soixante naît autiste.

Inguérissable pour le moment, ce trouble affecte l’ensemble du fonctionnement du cerveau : la personne autiste rencontre de grandes difficultés pour communiquer, se représenter les choses et les situations concrètes, traiter les informations sensorielles, interagir avec les autres, accepter le changement… On naît autiste et on le reste toute sa vie. Cependant, avec des apprentissages spécifiques et un accompagnement personnalisé, il est possible de compenser ce handicap.

© Ministère du Travail, de l'Emploi et de la santé - https://www.flickr.com/photos/ministere-du-travail/4483250849/
© Ministère du Travail, de l’Emploi et de la santé – https://www.flickr.com/photos/ministere-du-travail/4483250849/

 « Quel triso, ce mec… quelle autiste, cette meuf ! » Je ne supporte plus ces insultes complètement… débiles et insensées. Elles appartiennent pourtant à notre langage d’ados, de mes amis. J’aimerais leur dire qu’ils sont très mal informés et leur demander de ne plus utiliser ces termes péjoratifs blessants ! Si vraiment ils s’interrogeaient… ils comprendraient !

J’espère que mon article aura su vous persuader que, comme l’exprime l’écrivain et poète Christian Bobin dans La Lumière du monde, « L’autisme est un soleil inversé : ses rayons sont dirigés vers l’intérieur » . Ce que Marie-Paule Fontano, directrice générale de la médiathèque de Fleurance (32) confirme en ajoutant que, grâce à cette lumière, les autistes portent en eux une autre vision du monde et que leur regard ne peut qu’enrichir le nôtre, parfois si pâle. A travers l’autisme, nous pouvons nous interroger, douter, mais aussi voir la vie dans sa diversité et ses mystères.


Pour les plus concernés par ce sujet, je propose une liste d’ouvrages et de films accessibles à tous :

 Livres

– Temple Grandin, Ma vie d’autiste (Editions Odile Jacob). 

 Françoise Lefèvre, Le Petit prince cannibale (Editions Actes Sud).

–  Hugo Horiot, L’Empereur, c’est moi – Une enfance en autisme (Editions L’Iconoclaste).

–  Dominique Mwankumi, Prince le la rue (Editions Archimède).

–  Dorothée Piateck et Oliv’, Le Vieux qui avait un grain dans la tête (Editions Petit à petit).

–  Céline Lavignette-Ammoun, Amour, patates et Rock’n Roll (Editions D’un monde à l’autre). 

 

Films

–  Temple Grandin de Mick Jackson.

–  Elle s’appelle Sabine, documentaire de Sandrine Bonnaire.

–  Mary et Max, film d’animation d’Adam Elliot.

–  BEN X de Nic Balthazar.

–  Rain man de Barry Levinson

–  Cube de Vincenzo Natali.

Chloée Doreau

NDLR : La présence de Nadine Morano sur ces photographies ne correspond en aucun cas à du favoritisme politique. Ces images ont été publiées par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé – alors que Mme Morano était secrétaire d’État chargée de la Famille et de la Solidarité – en avril 2010 lors de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme.

Interview – Didier Burel, le MacGyver de Théo nous quitte

© Hervé Cazcarra

Didier Burel, c’était un peu le MacGyver du lycée. Responsable du réseau informatique, Didier nous a quittés à la fin du mois de février pour exercer à plein temps dans une entreprise de dépannage informatique.

© Hervé Cazcarra
© Hervé Cazcarra

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Donc, je suis Didier Burel, j’ai « biiip » (bon ok, j’ai 35 ans), je suis Technicien de Maintenance Informatique, je suis marié et j’ai une petite fille de 5 ans.
Cela fait 3 ans que je suis à Théo, et donc aussi 3 ans que je me suis « recyclé » et mis au métier de l’informatique, Théo aura été mon tout premier poste en tant qu’informaticien !

© Hervé Cazcarra
© Hervé Cazcarra

Quel était votre fonction au sein du lycée et en quoi consistait-elle ?

Ma fonction était assez vaste et variée, je m’occupais de l’administration des serveurs, de la maintenance et la gestion du réseau informatique (baie de brassage, paramétrage des switchs, …), du déploiement et de la réparation du parc informatique du lycée (ordinateurs fixes, classes mobiles, vidéo projecteurs, etc.), du déploiement des applications et enfin (ouf!) de l’assistance aux utilisateurs (un vaste programme là aussi…).

© Hervé Cazcarra
© Hervé Cazcarra

Quels souvenirs garderez-vous de votre passage à Théo ?

Les souvenirs que je garderai de Théo… Comme déjà dit plus haut, ce lycée aura été mon premier emploi dans l’univers de l’informatique, j’en garderai donc un très bon souvenir. J’ai été super bien accueilli par l’ensemble de l’équipe pédagogique et administrative.
Cela a été un grand plaisir de participer au développement de l’établissement, j’ai pu y acquérir une expérience non négligeable, tant au niveau technique qu’au niveau relationnel. Alors un grand merci a tous!

© Hervé Cazcarra
© Hervé Cazcarra

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Mes projets d’avenir, ce sera dans quelques temps de faire une validation des acquis de l’expérience (VAE), car à l’heure actuelle, je n’ai eu qu’une formation non diplômante en informatique, ce qui me permettra d’avoir une « reconnaissance » professionnelle.
Ensuite, j’aimerais me spécialiser en gestion, administration et sécurisation des serveurs et des réseaux, auprès des professionnels.

© Hervé Cazcarra
© Hervé Cazcarra