Detroit : Become Human

Sorti en mai 2018 sur PlayStation 4 et développé par Quantic Dream (cocorico !), Detroit : Become Human a déjà beaucoup fait parler de lui (plus d’un million d’exemplaires vendus en deux semaines !). L’histoire se déroule dans un futur proche, où les humains ont créé des machines douées d’intelligence : les androïdes. Mais, si jusque là ces machines étaient dociles, elles commencent à prendre conscience d’elles-mêmes : elles réclament des libertés et des droits, elles deviennent « déviantes », c’est la naissance d’un véritable peuple à part entière. Dans le jeu, nous incarnons tour à tour trois androïdes : Connor, Kara et Markus. Nous les faisons évoluer, nous suivons leurs quêtes en sachant que chacun de nos choix peut avoir d’énormes conséquences. En effet, il y a plus de 50 fins possibles !

D’abord, Connor (ou RK800, son numéro de série) est un prototype d’androïde détective chargé d’enquêter sur les cas de « déviance ». Il doit en trouver l’origine, la cause, et la stopper avant qu’elle ne se répande car l’humanité a peur de sa création, de ces machines si parfaites soudain dotées de conscience. D’après Cyberlife, l’entreprise qui développe les androïdes, RK800 est la plus avancée, la plus perfectionnée des intelligences artificielles.

Kara (AX400) est un modèle conçu pour tenir une maison, s’occuper des enfants… Elle est achetée par Todd, un homme seul au comportement parfois violent et bipolaire, et est chargée de s’occuper de sa fille, Alice. Mais l’atmosphère dans la maison est étrange, malsaine… Kara décide de désobéir aux ordres lorsqu’elle voit Todd frapper sa fille. A partir de là, elle s’enfuit avec Alice et tente de trouver un endroit sûr où s’installer, loin des hommes. Cependant, avec la révolution androïde en marche, elles ne semblent en sécurité nulle part…

Markus, dont le modèle est inconnu, a certainement la situation la plus enviable des trois. Il est au service de Carl, un vieux peintre qui le traite comme son fils, l’encourage à se développer, à s’ouvrir au monde. Mais comme « toute bonne chose a une fin », la chute est rude pour Markus lorsque pour diverses raisons il se retrouve abandonné dans une décharge, tel un vulgaire objet cassé et inutile. Là, il se rend compte de la situation désastreuse de beaucoup d’androïdes et prend la tête de la révolution.

Les histoires des trois protagonistes se croisent, se recoupent et se complètent. Épisode après épisode, on voit les trames se rapprocher pour arriver sur un final où l’on passe très rapidement d’un personnage à un autre.

Voilà le peu d’informations que je peux donner sur le début de l’histoire, étant donné que selon la façon de jouer, celle-ci peut changer radicalement ! Par exemple, le joueur peut choisir de garder Connor comme une machine froide et impitoyable ou de le rendre progressivement déviant à son tour, il peut également amener Markus à conduire une révolution violente ou pacifique.

Plus qu’un simple jeu narratif, Detroit : Become Human soulève de réelles problématiques sur notre futur : que ferions nous si nos machines réclamaient leur liberté, se soulevaient contre nous ? D’ailleurs, le jeu se veut le plus réaliste possible sur ce sujet : l’opinion publique évolue en fonction de nos choix et le poids des médias est très important (assez souvent en fin d’épisode, on nous montre des extraits de journaux télévisés qui commentent l’actualité dans le jeu). Au cours de l’aventure, on peut croiser à de nombreuses reprises des journaux numériques qui contribuent à rendre vivant l’univers dans lequel nous évoluons. Un des articles traite par exemple de la problématique de l’achat d’enfants androïdes, très populaires car tellement plus commodes que de vrais enfants, dans un monde où le taux de natalité est déjà très bas.

Côté graphismes, c’est une réussite absolue ! Le jeu a été réalisé en motion capture (capture de mouvement)  pour animer les personnages et le résultat est tout simplement magnifique ! A ce propos, je vous conseille cette vidéo qui explique comment le motion capture a été tourné et ce qu’ont fait les animateurs pour obtenir le rendu (il y a aussi une interview des trois principaux acteurs à propos de leur personnage).

Pour conclure, je vous recommande vivement ce jeu qui est une véritable perle, tant au niveau du (ou plutôt des) scénario que des graphismes ou des musiques ! Et si cet article ne vous a pas convaincu, voici le trailer en français qui est à l’image du jeu : épique et sublime !

Solène Deutsch