Enquête sur la mobilité sociale

Nous avons mené une enquête sociologique sur les trajectoires sociales de quelques familles tarbaises.

Pour cela, nous avons sondé 42 élèves du lycée Théophile-Gautier et nous sommes également allées à la rencontre de 16 personnes volontaires dans le centre-ville de Tarbes. Notre échantillon a été fait de façon à respecter la parité homme-femme. Nous avons considéré deux générations que nous avons nommées G2 et G3 telles que G2 rassemble les moins de 55 ans (nos parents) et G3 les plus de 55 ans (nos grands-parents). En comparant les activités professionnelles des membres des différentes générations, nous avons voulu déterminer si d’une génération à l’autre, ces familles s’étaient « élevées socialement » ou si elles avaient subi un déclassement.

A partir de nos résultats, nous pouvons tout d’abord affirmer que globalement, il y a une ascension sociale de l’ensemble de la population et tout particulièrement chez les femmes.

En effet, parmi les femmes de la génération G3,  28% étaient femmes au foyer (PCS8) contre seulement 6% de nos jours (G2). Elles occupent donc de plus en plus de postes sur le marché du travail. 40% des femmes de la génération G2 entrent dans la catégorie des employés (PCS5), 36% dans la catégorie des professions intermédiaires (PCS4) et enfin 14% sont cadres. A titre d’exemple, nous avons rencontré lors de notre sondage une adolescente qui illustre parfaitement ce phénomène. En effet, sa mère est professeure des collèges (PCS3) alors que sa grand-mère était femme au foyer.

Si la part des femmes dans certaines catégories a augmenté, elle a diminué dans d’autres. Nous avons observé une diminution d’agricultrices (PCS1) et d’ouvrières (PCS6) avec respectivement une diminution de 4 points et de 2 points de pourcentage.

Nous observons également à partir de nos données une ascension sociale chez les hommes.

La part des hommes appartenant au groupe des cadres a plus que doublé passant de 12 à 28%. 20% exercent un métier classé dans  les professions intermédiaires contre 12 % précédemment.   Comme chez les femmes, ces hausses compensent la diminution de la part des hommes classés comme ouvriers et agriculteurs (moins 10 points dans les deux cas).

A notre grande surprise, nous notons une augmentation d’hommes sans activité professionnelle (augmentation de 2 points de pourcentage entre la génération G3 et G2).

Globalement nous remarquons donc une ascension sociale entre la génération 3 et la génération 2. La part des personnes appartenant au groupe des cadres et à celui des professions intermédiaires a sensiblement augmenté.

Une fois la mobilité sociale mesurée, nous avons cherché des explications. Une se situe du coté des transformations de l’emploi. Si les besoins des entreprises changent, alors il est normal que les personnes n’occupent pas le même type d’emploi que leurs parents, c’est ce que l’on appelle la mobilité structurelle.

Depuis des années le secteur tertiaire prend de plus en plus d’importance dans le monde du travail contrairement au secteur primaire et secondaire qui diminuent d’année en année. La diminution des PCS1 (agriculteurs exploitants) et PCS6 (ouvriers) souligne bien ce fait. Grâce à notre tableau, nous voyons que 10 hommes sur 100 et 4 femmes sur 100 étaient des agriculteurs. Or aujourd’hui, nous notons d’après notre sondage que ce secteur est totalement délaissé. Il a en effet baissé de 7 points de pourcentage.

Selon l’Insee, la majorité des travailleurs en 1962 était des ouvriers qui représentaient environ 40 % des actifs occupés alors qu’en 2007 ils ne représentent plus qu’un peu moins d’un quart des travailleurs français. Par ailleurs nous remarquons que la place occupée par les employés, les professions intermédiaires et par les professions intellectuelles supérieures sont en constante augmentation depuis 1962. Cela s’explique par le développement très important du secteur tertiaire (environ 75 % des emplois font partie de ce secteur aujourd’hui) et la création par les entreprises de postes de plus en plus qualifiés.

Des transformations du système scolaire ont accompagné ce mouvement. En effet, au fil du temps, l’État a permis aux jeunes de faire  des études de plus en plus longues.  Le système éducatif français a donc fortement contribué à l’accroissement du capital humain des jeunes en leur apportant davantage de connaissances.

Autrefois plus de 75 % des jeunes n’avaient aucun diplôme, aujourd’hui, ils ne sont plus que 20%. Par ailleurs, la part des étudiants faisant des études dans le supérieur a considérablement augmenté : elle est passée de 2 % à plus de 30 % en moins de 50 ans.

Pour conclure, par comparaison des métiers de nos parents et de nos grands-parents nous constatons   que la société a subi de grands changements. La croissance du secteur tertiaire et le besoin d’une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée expliquent pourquoi de plus en plus de personnes appartiennent aux groupes des cadres, des professions intermédiaires et des employés. Et l’école accompagne ces changements pour que la qualification des jeunes coïncide avec les besoins des entreprises pour une économie compétitive.

Océane Dupont, Estelle Gibaud & Ninon Sanvicente