Interview de Yann’sine (The Voice 4)

Voici une interview du talentueux Yann’sine Jebli, qui est actuellement dans l’équipe de Mika pour la quatrième saison de l’émission The Voice France.

 

Chloé : Coucou Yann’sine ! Tout d’abord, merci d’avoir accepté l’interview. D’où te vient ta passion pour le chant ?

Yann’sine : Au départ, ma passion c’est le dessin, et les mangas en particulier. Je m’évadais comme ça, la science-fiction me passionne. Le jour de mes 15 ans, mon père m’a offert un téléphone portable d’occasion. Il y avait une chanson en arabe préenregistrée, et je l’écoutais tous les jours en allant au collège. Puis un jour, j’ai fini par la chanter tout en dessinant dans ma chambre. Mon père a déboulé et m’a dit que j’avais une super voix… J’ai ri !

 

C : Et il me semble que tu as fait une autre émission de chant auparavant… Comment as-tu fais pour l’intégrer ?

Y :  Mon père et ma sœur m’ont inscrit, sans m’en parler, à un casting pour « Studio 2M », une sorte de « Star Academy » marocaine. Ils m’ont refusé car je n’avais pas encore fini de muer. L’année d’après, je me suis représenté, entre temps, j’avais fait de la musique avec des copains dans un garage. Au casting, à Rabat (Maroc), ils m’ont refusé. Alors je suis parti une nuit, j’ai fait 18 heures de bus pour rejoindre le casting suivant à Dakhla (Maroc). Là, je me suis métamorphosé, ma coiffure et mon look ont totalement changé et ils m’ont pris. Je suis allé jusqu’en finale, tout le Maroc était scotché devant cette émission très populaire. C’était une expérience incroyable.

Dakhla YJ       Rabat YJ

 

C : Continues-tu tes études ?

Y : Suite à ma participation à l’émission, j’ai raté mon bac… J’ai donc été obligé de le passer en candidat libre. Sans succès ! Je ne suis donc pas un exemple à suivre pour des lycéens.

 

C : Il y a un grand nombre d’auditions avant de passer devant les coachs… Comment cela s’est-il passé pour toi ?

Y : The Voice est pour moi une aventure unique qui m’est tombée sur la tête alors que je ne m’y attendais pas. En plus, j’étais demandé en même temps sur plusieurs émissions: X-Factor arabe, The Voice arabe et Rising Star, qui allait commencer en septembre. J’étais placé devant un choix difficile. Je me suis donc présenté aux auditions de The Voice à Paris (1000 personnes), à l’audition finale (220 personnes), puis à l’enregistrement des auditions à l’aveugle (130 filmés, 66 retenus). Pour moi, ce jour-là, c’était déjà incroyable. Là je me retrouve après les battles et l’épreuve ultime avec 15 autres talents, des voix de fous, des coachs fabuleux… Je me demande tous les jours si je rêve ou non. Travailler avec Mika comme coach c’est juste INCROYABLE ! Côtoyer Florent Pagny, Jenifer et Zazie est une immense chance.

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© instagram de Yann’sine

 

C : Comment vis-tu ton expérience de The Voice ?

Y : Il faut se rendre compte que participer à une émission télévisée, c’est beaucoup de travail, de joies mais aussi de stress, avec plein de choses à gérer : les relations humaines ne sont pas si simples. Par exemple, entre « talents », il y a une bonne ambiance mais évidemment, on se rend vite compte qu’on est aussi des concurrents. Le tout est de ne pas se transformer en adversaires, et encore moins en ennemis. Mais bon, ce n’est pas toujours facile, chacun étant comme il est, sans compter les entourages, ceux qui donnent des conseils, qui mettent en place des stratégies, etc… Humainement, c’est donc assez riche comme expérience.

 

C : Qu’est-ce que cela te fait quand les gens te reconnaissent dans la rue, te demandent des photos, etc ?

Y : Ça fait super plaisir bien sûr. J’essaie d’être disponible. Bon, parfois, les gens ne comprennent pas qu’on puisse être pressé, contrarié, fatigué, ou qu’on ait envie d’aller aux toilettes, mais on est de simples êtres humains quoi, pas des extraterrestres  — parfois, j’aimerais bien !

 

C : Quel ton style de musique ?

Y : J’aime toutes sortes de musiques, y compris l’opéra. Disons que j’aime bien la musique métissée. La pop délirante m’excite aussi. Je découvre aussi davantage ces temps-ci la beauté des textes de la langue française. N’oubliez pas que je suis de culture arabe, la musique arabe est très différente : nous avons des quarts de tons, et ce qui peut vous sembler faux dans une mélodie arabe c’est pour nous le sommet de la subtilité. Il faut donc apprendre à nous écouter.

 

C : Un indice sur ta chanson de samedi ?

Y : Samedi, je vais chanter en français. C’est un challenge pour moi mais cette chanson, je la sens bien car elle me touche particulièrement. Vous la découvrirez avec moi mais vous la connaissez déjà sans doute. Et j’espère que vous vous reconnaîtrez un peu en elle.

 

C : Que prévois-tu pour la suite ?

Y : Déjà, je ne sais pas jusqu’où j’irai dans le jeu. Le rêve pour moi serait la tournée car j’aime la scène. Si j’ai la chance de la faire, j’aurai un mois de juin ultra chargé. J’ai aussi mis au point un spectacle avec quatre fabuleux musiciens français. J’ai des dates qui s’annoncent, et aussi un projet d’album. Tout cela demandera du temps et de la patience. Enfin, en août, je compte bien retrouver mon petit village de Tan-Tan Plage — attention, c’est le plus beau du Maroc, pas de discussion ! — car il y a ma famille et mes amis là-bas.

 

C : Un mot pour la fin ?

Y : Je voulais vous dire aussi que je crois en la fraternité, en l’amitié, que la musique peut être un pont entre les gens pour traverser les frontières. Pas seulement les frontières matérielles, mais aussi celles que nous nous mettons parfois dans nos têtes. N’écoutons pas ceux qui voudraient nous opposer ou provoquer des conflits. Nous avons le même sang dans nos veines. Comme le chante Indila dans « Dernière danse », on est des enfants du monde. ne jamais l’oublier.

 

C : Merci beaucoup Yann’sine ! Bonne chance pour la suite !

 

Voici les liens des réseaux sociaux où l’on peut retrouver Yann’sine Jebli :

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© Yann'sine Jebli
© Yann’sine Jebli

 

 

 

Chloé Flamand

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