Jean Zay

Fils d’un juif laïc radical-socialiste et d’une protestante dont les ancêtres avaient résisté après la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV, Jean Zay est un homme politique important du XXe siècle, né à Orléans en 1904.

Lycéen brillant, il passe son bac avec succès en 1923, et devient journaliste au Progrès du Loiret pour financer ses études de droit. En 1925, il fonde une revue littéraire, Le Grenier, dans laquelle il tient une chronique ironique. Dans la même année, il adhère au Parti radical. En 1928, il s’inscrit au barreau d’Orléans et son cabinet d’avocats est rapidement l’un des plus actifs de la ville. Durant l’été 1930, il devient le délégué de la Jeunesse Laïque Républicaine (JLR) et de la Ligue des droits de l’homme en Allemagne.

En 1931, il épouse Madeleine Dreux. Très présente à ses côtés, elle lui sera d’un constant soutien.

L’homme politique engagé

Le jeune radical, qui a toujours été un anti-nazi convaincu, prend rapidement le contrôle politique de son département. Élu député à l’âge de 27 ans, c’est un député actif et un porte-parole de la gauche, qui ne veut pas s’allier à la droite. Il est réélu en 1936 et devient conseiller général du canton d’Orléans au début de l’année 1937.

(Droits: domaine public) Bibliothèque Nationale de France
(Droits: domaine public) Bibliothèque Nationale de France
Le ministre de L’Education nationale
Nommé ministre de l’Education Nationale et des Beaux-arts dans le gouvernement du Front populaire de Léon Blum, il est à 31 ans le plus jeune ministre de la Troisième République. Il s’entoure d’une équipe très à gauche, jeune, et souvent orléanaise.
En l’espace de trois ans, Jean Zay multiplie les réformes et les propositions :  il rend l’école obligatoire pour tous jusqu’à 14 ans et inscrit au programme une demi-heure de sport quotidien ainsi qu’une une demi-journée de « plein air », pour démocratiser l’éducation sportive jusque-là très militarisée. Pour que les élèves puissent travailler dans de meilleures conditions, il dédouble les classes dont l’effectif est supérieur à 35 élèves, ce qui permet de créer environ  5000 postes d’enseignants en primaire et 2200 dans le secondaire. Il démocratise aussi l’accès aux bourses scolaires pour les familles les plus pauvres et, quelques années plus tard, en double le montant. Il crée l’Ecole Nationale d’Administration (E.N.A) permettant aux futurs hauts fonctionnaires d’être mieux formés dans leur pays.
©AFP
©AFP
Son action culturelle
Parallèlement, Jean Zay s’implique énormément dans le domaine des arts, notamment en améliorant l’enseignement aux Beaux arts. Il donne aux auteurs un droit de propriété intellectuelle : ainsi, le livre n’est plus considéré comme une marchandise mais bien comme une œuvre. Par ailleurs, il créé le festival de cinéma de Cannes en 1938, en réponse au seul festival de cinéma important de l’époque, la Mostra de Venise, qui était contrôlé par les fascistes.
©Archives nationales
©Archives nationales
La guerre, l’emprisonnement et l’assassinat
Lorsque la guerre est déclarée en 1939, Jean Zay démissionne de son ministère pour s’engager. Accompagné d’autres parlementaires hostiles à la politique du maréchal Pétain, il embarque pour Alger le 20 juin. Ils voulaient d’abord transférer les parlementaires en Afrique du Nord, mais le Parlement, sous la pression de Pierre Laval, y renonce. Ils sont alors retenus au Maroc. Le gouvernement de Pétain, qui a désormais les pleins pouvoirs, les fait passer pour des déserteurs. Inculpé pour désertion et abandon de poste, Jean Zay est condamné le 4 octobre 1940 à la dégradation militaire et à la déportation. Après avoir passé 4 mois à la prison de Clermont-Ferrand, il est transféré à Marseille dans une cellule tenue secrète. En 1941, il obtient le statut de prisonnier politique et est transféré à la prison de Riom où il peut désormais recevoir les visites de sa femme et de ses deux petites filles. Il en profite pour faire passer à la Résistance des comptes-rendus du procès de Riom. Pendant sa détention, il reprend activement la lecture et l’écriture et compose notamment Souvenirs et solitude, un journal de ses réflexions liées à son emprisonnement.
Il est assassiné le 20 juin 1944 par trois miliciens qui s’étaient fait passer pour des résistants. Son corps sera découvert par hasard le 22 septembre 1946 par deux chasseurs.
L’équipe de l’ATEM
Un commentaire Ajoutez les votres

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *