La faucheuse

Un monde utopique

Quel est l’objectif de tout bon méchant ? Être le maître du monde, obtenir le pouvoir, l’immortalité ? Dans le futur où prend place notre histoire, oubliez la pierre philosophale ou autres chimères, tournez-vous vers la science.

Dans un monde où la science a réussi à maîtriser la régénération des cellules, chaque personne est en obligation de ressusciter et de rajeunir. Un rêve universel qui en ces jours est possible.

Mais, si personne ne meurt ou ne peut mourir légalement, la population va grandir et se nourrir, se loger. Et notre belle planète ne peut subvenir à ces besoins si la population est trop grande. On pourrait envisager la conquête de l’univers, me direz-vous. Malheureusement, tous les projets visant à la colonisation d’autres planètes se sont soldés par un échec.

Alors, le monde a mis en place une organisation autonome visant à réguler la population. Les Faucheurs prennent la vie de certains habitants, sans sectarisme ni distinction, c’est ce qu’on appelle le glanage. Chacun sa technique : empoisonnement, poignard dans le cœur, avec une épée, une hache, ses mains, mais tout sans la moindre douleur, c’est un travail considéré comme noble.

Un gouvernement universel

Une des peurs omniprésentes dans cette culture est que les machines prennent le contrôle, étant toutes reliées à Internet elles auraient accès à tout : cameras, codes, etc.

Et si, Internet était doté d’une conscience ? Que se passerait-il ? Il prendrait le contrôle sans doute, réduirait les humains en esclavage voire les éliminerait… En tout cas pas dans notre histoire, les hommes se sont rendus compte que le cloud, nommé Thunderhead, était bien plus apte à diriger que n’importe quel homme. Conséquences : plus de criminalité, ni guerre, ni famine, etc. Le Thunderhead dirige le monde et surveille tout le monde comme un père aimant surveillant son enfant. Tout le monde peut lui poser des questions, le consulter. Tous ? non, bien sûr, un village d’irréductibles gaulois résiste toujours à … Euh pardon je m’égare…

Les faucheurs, ne dépendant pas des directions gouvernementales appliquées par le Thunderhead, n’ont pas le droit de consulter ce dernier.

Et notre histoire ?

Dans notre histoire, nous suivons le quotidien de Citra et Rowan, deux apprentis faucheurs sous la tutelle de l’honorable Maître Faraday (tous les faucheurs prennent le nom d’une grande personne de la période ante-mortalité) ce dernier les ayant choisis pour leur dégout envers le métier de faucheur.

Nous suivons donc leurs péripéties sachant qu’un seul de ces deux apprentis sera nommé Faucheur à la fin de leur année de formation.

Les amateurs de romantisme apprécieront l’évolutionde la relation affective qui naît entre ces deux personnages en compétition que tout oppose. 

La Faucheuse est sans doute le meilleur roman fantastique et futuriste de ce moment. Le scénario est prenant, les personnages sont finement dépeints, grâce auxquels Neal Shusterman nous interroge sur nous-mêmes, avec nos ressentiments, et notre appréhension d’un monde utopique. Il parvient à nous faire réfléchir sur les bienfaits des avancées scientifiques abouties dans cette époque et en recherche à la nôtre. Il nous offre une vision positive d’un futur alternatif, et nous fait croire que, quelque soit le monde, l’ombre perce toujours la lumière.

Du même auteur : la série Les Fragmentés, la série Dark Fusions.

Solal Gaudin