Les Jeunes Agriculteurs bigourdans

A l’occasion du salon de l’agriculture de Tarbes, ThéoNet a eu la chance de pouvoir interviewer Sylvain Andrieu, président du syndicat des Jeunes Agriculteurs,  ainsi que Pauline, jeune agricultrice également membre des J A.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J’ai repris l’exploitation familiale mais c’est un choix qui ne m’a pas été imposé. En effet je ne me voyais pas faire autre chose. Ce métier est avant tout pour moi une passion.

Quelles sont les difficultés du métier d’agriculteur ?

Nous avons à gérer une entreprise ce qui demande de ne pas compter ses heures, d’organiser efficacement son travail mais aussi d’être capable de diriger éventuellement du personnel. Nous n’avons pas de vacances comme tout le monde. Alors qu’un salarié rentre chez lui à la fin de sa journée de travail, la nôtre ne s’arrête quasiment jamais. Cela demande donc une organisation différente qui complique parfois la vie sociale.

Les autres difficultés que nous pouvons rencontrer sont le résultat de la crise agricole présente depuis des années. Il nous arrive de vendre à perte ce qui veut dire que nous ne dégageons pas de revenus. Mais nous avons l’espoir que les prix pourront remonter et que nous arriverons  à structurer différemment nos exploitations.

Qu’attendez-vous du salon de l’agriculture de Tarbes ?

Nous voulons montrer qu’avant tout, les agriculteurs sont ceux qui nourrissent la population au quotidien. Ainsi dans notre assiette, derrière chaque aliment il y a un agriculteur.  Les agriculteurs ne sont pas des destructeurs de la nature, ils n’éprouvent pas non plus du plaisir à abattre leurs animaux. Nous produisons nos légumes et nos volailles avec amour, en cherchant à faire de la qualité. Le syndicat des Jeunes Agriculteurs a donc un restaurant sur le salon de Tarbes qui a pour principe de proposer des produits qui viennent exclusivement des exploitations des jeunes agriculteurs du département.

 En quoi consiste le syndicat des Jeunes Agriculteurs ? Qu’est-ce qui vous distingue des autres syndicats agricoles ?

Notre syndicat se veut représentatif des jeunes agriculteurs du département. Nous souhaitons inciter des jeunes personnes à devenir agriculteurs, à s’installer même si elles ne sont pas issues du monde agricole à l’exemple de Pauline qui a créé de toutes pièces son entreprise.  Notre première mission est donc d’aider à l’installation de tout nouvel exploitant. Notre second combat concerne les prix. Lorsque nous allons dépenser 100€ dans une grande surface, sur ces 100€, seulement 7€ reviennent aux agriculteurs, 93€ aux transporteurs, distributeurs …

Nous sommes le seul syndicat de jeunes exploitants ; tous les autres syndicats accueillent des personnes de n’importe quel âge alors que le statut de notre syndicat fixe à 35 ans l’âge limite des adhérents.

Que deviennent les adhérents de plus de 35 ans ?

 Il faut savoir que le syndicalisme n’est pas obligatoire, c’est avant tout un acte militant, volontaire. Du coup, soit on arrête le travail syndical, soit on se syndicalise autre part comme à la FNSEA pour ceux qui veulent continuer à s’impliquer. Nous sommes d’abord  des bénévoles sans aucun dédommagement financier.

Comment avez-vous choisi vos fournisseurs ?

Nous ne choisissons pas nos fournisseurs. Nous envoyons à l’ensemble du réseau (320 adhérents dans le département) nos besoins et chacun répond selon ses possibilités.

Depuis quand les JA gèrent la restauration au salon de l’Agriculture ?

Le restaurant tenu par les Jeunes Agriculteurs existe depuis à peu près 25 ans, et son activité ne cesse de croître. Le stand est d’ailleurs en constante évolution de part le « turn over » qui s’opère à la tête du syndicat ( élection tous les 2 ans).

Vos ventes ont-t-elles beaucoup augmenté depuis votre premier passage au salon ? Que proposez vous de nouveau pour cette année ?

Le nombre de repas est passé de 1800 au début à 8000 à l’heure actuelle, cela s’explique par le fait que la surface du restaurant des JA a doublé et par sa notoriété grandissante. Nous sommes aussi attachés à l’aspect qualitatif, et chacun des produits présents dans les assiettes, sont tracés en fonction des producteurs.

Quel(s) produit(s) essayez-vous de valoriser dans vos menus ?

Essentiellement des produits locaux : vaches, veaux, moutons, fromage, haricots tarbais et de saison comme les pommes de terre.

Le gouvernement a décidé d’abattre des canards en raison de la grippe aviaire, que pensez-vous de cette décision ?

Pauline est la mieux placée pour répondre. La grippe aviaire a eu un impact concentré sur les productions. Les agriculteurs ont eu un soutien suffisant de la part de la profession. Ils ont trouvé une solution de secours et sont maintenant fiers d’avoir pu dépasser cette crise. En relayant la production nous avons pu ainsi être capable de continuer à vendre du canard. C’est ce qui fait la force de l’organisation d’un réseau.

Qu’attendez-vous de ce restaurant qui consacre votre présence au salon de l’agriculture ?

Nous n’attendons pas forcément de résultat immédiat. Nous voulons que les consommateurs sortent en ayant l’impression d’avoir fait un acte militant et satisfaits d’avoir mangé des produits locaux. Ainsi, ils en parleront autour d’eux et véhiculeront une image positive de l’agriculture.

Manon Coltée, Lou Beurier-Perez, Thomas Caussade & Jean-Baptiste Jouatel