Les tueries scolaires, des drames incompréhensibles

Ce mercredi 9 avril 2014, les élèves de la Franklin Regional High School à Murrysville (Pennsylvanie) ont connu le plus grand traumatisme de leur vie. Avant même le début des cours, à 7h15, soit 13h15 en France, un ancien élève du lycée a fait irruption dans l’école armé d’un poignard. Le proviseur a réussi à le maîtriser, malheureusement pas à temps pour l’empêcher de blesser une vingtaine de personnes, 19 adolescents et un agent de sécurité, dont quatre gravement. D’autres blessures ont été provoquées dans la panique qui a suivi. Le forcené est un mineur, 16 ans d’après la police locale, les raisons de son acte ne sont pas encore connues.

Mémorial du Dawson College Shooting, 13 septembre 2006 – © Doug https://www.flickr.com/photos/caribb/244785287/
Mémorial du DAwson College Shooting, 13 septembre 2006 – © Doug https://www.flickr.com/photos/caribb/244785287/

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis connaissent un évènement de ce genre. On se souvient de la tuerie de Newton, en décembre 2012, qui avait coûté la vie à vingt enfants âgés de 4 à 7 ans et à sept adultes, sans compter le meurtre de la mère de l’assassin et le suicide de ce dernier. Par le nombre de victimes, cette tuerie est, pour l’instant, la troisième plus importante dans un établissement scolaire américain. 

Mémorial du DAwson College Shooting, 13 septembre 2006 - © Doug https://www.flickr.com/photos/caribb/244785287/
Mémorial collège Dawson – © Doug https://www.flickr.com/photos/caribb/244801366/

Il y a eu d’autres school shooting, dont l’attentat de Bath Consolidated School en 1927, qui fit 45 morts et 58 blessés, mais en ce vingt-et-unième siècle, on estime que la plus marquante des school shootings est la tristement célèbre Fusillade de Columbine survenue le 20 avril 1999, dans un lycée du Colorado. Cela s’explique surtout par l’âge et le passé des tueurs arrêtés, Eric Harris et Dylan Klebold, des adolescents addicts de jeux vidéos, condamnés pour vol avant la fusillade, possédant un blog où était publiée une liste d’étudiants et de professeurs que l’un des deux jeunes hommes voulait assassiner. 
Ce drame avait provoqué un grand émoi aux États-Unis mais aussi démarré une paranoïa à propos du terrorisme et des effets néfastes des jeux vidéos, de la musique et des films violents.

Généralement, les sociologues, criminologues et psychanalystes attribuent ces attentats à des jeunes isolés, régulièrement humiliés ou rackettés, sans personne à qui parler et sans moyen de se défendre.

Mémorial du massacre de Ludlow, Colorado, le 20 avril 1914 – © Beverly & Pack https://www.flickr.com/photos/walkadog/3453614201
Mémorial du massacre de Ludlow, Colorado, le 20 avril 1914 – © Beverly & Pack https://www.flickr.com/photos/walkadog/3453614201

Depuis, d’autres fusillades ont malheureusement eu lieu, mais la Fusillade de Columbine a marqué les esprits et servi d’inspiration dans la culture populaire. Citons particulièrement le documentaire Bowling for Columbine de Michael Moore, qui critique la relation des Américains avec les armes à feu, le film Elephant de Gus Van Sant, élu deuxième meilleur film de la décennie 2000-2009 par les Cahiers du Cinéma ou encore la chanson Cassie du groupe Flyleaf, relatant les derniers moments d’une des victimes de Columbine.

Le clip de Cassie du groupe Flyleaf.

Raphaëlle Senna

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