Regards de lycéens sur la présidentielle

Alors que la campagne officielle se terminera ce soir, à ThéoNet, nous avons interrogé différents lycéens tarbais, afin d’analyser le regard que tous ont porté sur la présidentielle. Nous avons pris notre carnet et sommes allés leur poser des questions sur ce qui les a marqué et sur ce qu’ils retiendront de la course à l’Elysée.

Parmi les témoignages que nous avons reçus, nombre d’entre-eux évoquent les débats, ces moments médiatiques importants, lors desquels chaque candidat s’est révélé. Chloé, Léa et Timéo par exemple, retiendront la passe d’armes entre Phillippe Poutou d’un côté et François Fillon et Marine Le Pen de l’autre. Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste a choisi d’évoquer les affaires lors de l’ouverture du débat, rappelant à la candidate Front National que les ouvriers n’avaient pas “d’immunité ouvrière”. D’autres, comme Chloé et Leila ont ri devant les regards échangés par d’autres candidats, comme ça a été le cas entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au débat à cinq sur TF1.

Pour ce qui est des faits de campagne, la conclusion du discours d’Emmanuel Macron le 10 décembre Porte de Versailles, lorsqu’il a crié qu’il fallait aller faire gagner son “projet”, a été un événement marquant pour Lucie et Théo, sans oublier que cette “envolée” a été parodiée à de nombreuses reprises sur internet.

Beaucoup d’élèves nous ont aussi parlé des affaires, qui ont rendu la campagne différente. Que ce soient les soupçons du “Pénélope-gate” ou encore ceux des emplois fictifs du Front National au parlement européen. “C’est ce type d’événements qui a pollué la campagne” déclarait Tom, élève de seconde, ce qui a été répété par d’autres, comme Marie, Élise ou Julie.

Les résultats du premier tour ont été très inattendus, et les lycéens l’ont également fait remarquer. Avoir quatre candidats dans un mouchoir de poche était inédit dans l’histoire des présidentielles. Le résultat, où les deux partis qui ont dirigé la France ces cinquante dernières années se retrouvent écartés du second tour, remplacés par un parti créé un an plus tôt et par l’extrême droite, ont intrigué, voire choqué de nombreux élèves.

Parmi les candidats qui ont marqué, Jean Lassalle sort largement en tête ! Un tiers des témoignages l’atteste. Le candidat qui a eu affaire “aux ours, aux loups et aux cavernes” lorsqu’on lui demande sa position sur le plan international, a apporté de la légèreté dans une campagne polluée par les affaires. Beaucoup se demandent comment il a réussi à recueillir les 500 signatures pour se présenter, mais se questionnent également sur l’image qu’il a reflétée des Pyrénéens. Notamment par le biais de Quotidien avec Yann Barthès, émission qui a dévoilé ses « salsifis » (comprenez selfies) avec ses fans, à qui il donnait son numéro de téléphone portable, le tout en étant suivi par… un troubadour. Jean Lassalle n’a vraiment laissé personne indifférent !

Les candidats marquants sont finalement des choix assez personnels, car chaque lycéen a été frappé différemment. Certains notent la montée impressionnante d’Emmanuel Macron, de la création de En Marche en avril 2015 à son arrivée au second tour de l’élection présidentielle. D’autres ont été intrigués par la résistance de François Fillon face aux cadres de Les Républicains et aux soupçons d’emplois fictifs. Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise a aussi été très remarqué “Je suis étonné de voir qu’il est monté si haut” déclarait Alice, élève en filière scientifique, “je n’adhère pas à ses propos, mais je pense que c’est lui qui a fait la meilleure campagne” a ajouté Pierre, élève de première ES.

Enfin comment ne pas évoquer ceux qui ont été appelés “les petits candidats” pendant près d’un mois. Noémie retiendra par exemple le score de Jacques Cheminade, qui a obtenu 0,18% des voix. Nathalie Arthaud et Philippe Poutou ont aussi été cités pour leur présence importante lors du débat à onze, début avril.

Enfin nous avons demandé aux lycéens un mot pour décrire la campagne, qui était en quelque sorte leur première. Ce qui est impressionnant, c’est de voir qu’aucun n’est mélioratif.

Antoine Paulus