SNU – Témoignage – Florian Esnault

Florian Esnault, élève de terminale, est venu nous présenter son expérience du SNU.

ThéoNet : Où et quand as-tu fais ton Service National Universel ?

J’ai fait mon SNU dans le Puy de Dôme, dans un centre situé près de Clermont-Ferrand, en Juillet 2019.

ThéoNet : As-tu choisi d’aller là-bas ?

Non, je n’ai pas eu le choix de mon lieu d’affectation, ni avec qui j’allais pouvoir partir.

ThéoNet : Comment as-tu fait pour participer au SNU ?

Le SNU a été mis en place en 2019 pour la première fois. Des jeunes de 16 ans volontaires, issus de 13 départements uniquement, ont pu faire partie de cette première cohorte.

Habitant dans les Hautes-Pyrénées, département choisi pour participer à cette phase test, je me suis inscrit sur le site du SNU et j’ai fait partie des jeunes sélectionnés parmi les 200 hauts-pyrénéens inscrits.

ThéoNet : Pendant votre séjour, vous devez porter un uniforme, c’est ça ?

Oui, à l’arrivée sur le Centre, on passe par la chaîne d’habillement et on nous distribue le paquetage : polo blanc avec le logo du SNU, pantalon, ceinturon, chaussures, cuissard pour faire du sport, veste, sacs.

Théonet : Comment font-ils pour connaître la taille de chacun ?

Sur la fiche d’inscription, il nous est demandé d’indiquer notre taille, notre poids et notre pointure. Ils font ensuite des commandes en matériel et vêtements en fonction. Pour l’anecdote, à mon arrivée sur le centre, ils n’avaient pas de chaussures à ma pointure (je fais du 47!). Et bien, j’ai quand même reçu ma paire de chaussures quelques jours plus tard.

ThéoNet : Comment étaient les bâtiments de ton centre ?

Nous avons été reçus dans un centre IGESA (Institut de Gestion Sociale des armées), qui est un centre de vacances pour militaires et fonctionnaires. Il est situé en plein milieu de la nature. Ce centre a pu accueillir en même temps 240 jeunes répartis en 3 compagnies mixtes. Les chambres elles n’étaient pas mixtes ! Nous étions dispatchés par groupes de 10 à 14 volontaires dans des petites maisons, encadrés par un tuteur titulaire du BAFA, ou par un professeur ou un militaire.

ThéoNet : Comment étaient rythmées vos journées ?

A 7h00, le tuteur de chaque groupe désigne un délégué et l’ordre du jour est lu au groupe. A 8h00, c’est la levée des couleurs : une cérémonie qui dure 5 à 10 minutes pendant laquelle on chante la Marseillaise. Ça a un petit coté militaire mais ça rappelle surtout les valeurs de la République. Les journées sont ensuite longues et chargées. Il y a environ 65 % de théorie et 35% d’activités physiques. Cela se déroule sur la matinée et l’après-midi jusqu’à 18h00. De 18h00 à 18h30, on doit participer au service d’intérêt général : rangement des salles, de la cantine… Le téléphone est interdit pendant la journée et la nuit. Il nous est par contre remis entre 18h30 et 20h00. Le repas du soir se tient à 19h30. De 20h15 à 22h00, on assiste à diverses interventions d’associations sur l’écologie, l’égalité Homme-Femme…. A 22h00 on est libre et à 22h30 c’est l’extinction des feux. Toute sortie à l’extérieur du centre est impossible.

ThéoNet : Quelles sont donc les activités qui vous ont été proposées ?

Parmi les activités plutôt théoriques, on a abordé les thèmes de la Défense et de la Sécurité avec les interventions de militaires, de policiers, gendarmes et pompiers. Ils sont venus nous présenter leurs métiers. J’ai trouvé particulièrement intéressant l’intervention d’un sous-marinier.

Les policiers et les sapeurs-pompiers nous ont également fait des démonstrations : simulation d’accidents avec mise en situation. Nous avons tous eu l’attestation de la sensibilisation aux gestes qui sauvent.

Nous avons aussi abordé d’autres thèmes, comme celui de la Mémoire aux soldats décédés pendant la guerre, le thème de la Sécurité sociale avec une intervention de la Banque de France qui explique comment gérer son budget. D’autres thèmes ont été abordés comme culture et patrimoine, l’Europe et sa politique, le développement durable…

Même si cela peut paraître long et ennuyeux, aborder ces différents domaines, est intéressant et important par rapport à notre vie future.
On a aussi eu une intervention sur la sécurité routière avec le passage d’un examen blanc du Code de la Route. Il faut savoir qu’à la suite du SNU, en théorie, chacun a droit à un accès en ligne gratuit à des cours de formation au Code de la route et à un passage gratuit du code de la route. Bon, en ce qui me concerne; il a fallu que j’attende des mois et des mois pour pouvoir en bénéficier. Mais j’ai réussi au final à avoir mon code gratuitement (le passage du code coûte normalement 30 euros).

En ce qui concerne les activités un peu plus physiques, nous avons fait une sortie à Clermont-Ferrand sur le thème de la République et de ses valeurs. Nous avons visité l’hôtel de ville, le tribunal de grande instance, la préfecture, le conseil régional et le conseil départemental.
Nous avons aussi fait une course d’orientation de 3h00 avec tir au pistolet laser sur cible et une grosse randonnée sur une journée. Le seul reproche que je pourrais faire à ce séjour, c’est qu’il n’y avait pas assez de sport à mon goût.

ThéoNet : Qu’est ce que le SNU t’a apporté? Qu’en as-tu retenu ?

J’ai aimé le cadre de ce séjour, la rigueur, la discipline qui ont été exigées de nous. J’ai apprécié également que malgré nos différences car nous venions de toute la France et de tout milieu social, un travail sur la cohésion des groupes a été fait. Personne n’a été mis de coté. Chaque maisonnée était très soudée. 

L’équipe de ThéoNet