Théa pour l’éternité

Théa est secrètement amoureuse de Théo, son voisin et meilleur ami d’enfance, qui lui préfère la pom-pom girl du lycée.

Théa vit seule avec sa mère, une ancienne présentatrice de télévision obnubilée par le souci de paraître jeune.

Théa a l’impression que le temps passe trop vite et que les promesses de l’enfance sont déjà loin. Alors, quand le professeur Jones lui propose d’être la plus jeune cobaye d’un programme visant à stopper le vieillissement, Théa se dit que c’est une chance unique qui s’offre à elle.

Un livre présentant une dualité étonnante, à la fois enfantin et terriblement mature. La problématique de l’immortalité est un sujet qui ne manque pas de représentants mais ici, l’auteur Florence Hinckel, amène la réflexion de manière ingénieuse et étonnante. Théa n’est qu’une adolescente banale, elle devient la voix des interrogations des jeunes face aux adultes, face à ce futur qu’ils craignent et envient à la foi. On peut découvrir la jeune fille dans tous ses états. Ses erreurs et ses leçons ne nous échappent pas. Le lecteur juge ses choix, parfois naïfs et enfantins, mais au final il finit toujours par se demander ce qu’il ferait à sa place.

Le livre semble se découper en trois parties, mais celle que je préfère est la période d’euphorie qui suit sa décision d’arrêter de vieillir. Comme si tous ses problèmes s’envolaient. Elle prend de l’assurance en sachant qu’elle pourra toujours profiter de cette « jeunesse éternelle ». Mais le revers n’en est que plus dur et la chute plus brutale. Et d’un coup, l’enfant se retrouve adulte, face à ses responsabilités. Sa fuite, ses responsabilités, ses choix, elle se confronte a tout subitement. Alors que son futur rêvé s’écroule, elle se révèle plus mature face à son avenir.

J’ai aimé ce roman tout simplement parce que Théa évolue énormément.  En devenant cette adulte qu’elle ne sera pourtant jamais vraiment, elle annonce son indépendance par rapport aux opinions de ses parents. Alors qu’au début elle est clairement influencée par sa mère, elle prend peu à peu du recul et forge ses propres opinions. Elle apprend surtout qu’il n’est jamais trop tard ! J’ai retenu la morale de ce livre : malgré les erreurs, les problèmes, il est possible d’apprendre et d’avancer. Ce ne sera peut être pas vers ce que l’on avait prévu au départ, peut être pas vers un avenir fantasmagorique, mais il est possible de trouver de nouvelles voies.

Agro Mathilde