Virus Ebola, un danger ?

Faut-il s’inquiéter du virus Ebola ? Y a-t-il vraiment des raisons de parler autant de lui  ?

Origine du virus

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est loin d’être la première fois que ce virus se manifeste, puisque son apparition remonte à 1976. Il avait alors sévi au Soudan et en République Démocratique du Congo, faisant respectivement 284 et 318 morts. Cette maladie, à l’origine inter-animale, se transmet maintenant d’homme à homme. L’origine du virus reste cependant floue : on ne sait toujours pas si ce sont des chauves-souris, des primates ou bien les deux qui en sont porteurs.
Le virus Ebola se divise en cinq souches, dont deux sont responsables des principales épidémies : la souche Zaïre (mutation actuelle) et la souche Soudan. Ce virus se déclenche à intervalles totalement irréguliers. On estime qu’il a fait 2200 morts entre 1976 et 2012, principalement au Soudan, en République Démocratique du Congo, au Gabon, en Ouganda et au Congo. Le taux de mortalité des cas atteints variait de 25 à 90%, contre 54% actuellement. Cette épidémie est sans conteste la pire de toutes, autant par le nombre de morts que par sa propagation très rapide, y compris en milieu urbain. L’OMS avance une estimation de 20000 morts et une épidémie qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois.
Malgré tout, ce virus reste bien moins mortel que le sida (36 millions de morts), le paludisme (627 000 morts) ou encore la tuberculose (1,3 million).

Ebola Virus Particles – © NIAID http://www.flickr.com/photos/niaid/8425030684/in

Symptômes et effets

La durée d’incubation (temps écoulé entre l’infection par le virus et l’apparition des premiers symptômes) varie de 2 à 21 jours. Durant cette période, le malade n’est pas contagieux. Les premiers symptômes sont une fatigue brutale, des douleurs musculaires, des maux de tête et un mal de gorge. Ils sont suivis de vomissements, de diarrhée, d’éruption cutanée (lésions sur la peau) et de symptômes d’insuffisance rénale et hépatique. Certains cas présentent aussi des hémorragies internes et externes (saignement des gencives…). Cependant, dans l’épidémie actuelle, ces hémorragies sont plus rares. Ce sont les vomissements et la diarrhée qui sont prédominants. Les organes, mal irrigués, se nécrosent et la peau se ramollit puis finit par s’arracher.

Vaccin

Même si l’existence d’Ebola est connue depuis 1976, aucun vaccin ou traitement n’est disponible sur le marché. En effet, les laboratoires pharmaceutiques ont tendance à privilégier des maladies « rentables » et, jusque là, ce virus n’infectait que des populations pauvres et éloignées géographiquement. Les médecins ne peuvent que réhydrater les patients par intraveineuse et leur donner des médicaments pour traiter des symptômes bien spécifiques, dans le but d’aider le corps à combattre l’infection. Il y a actuellement 8 traitements expérimentaux à l’étude, en plus de deux vaccins. L’un des ces deux vaccins, le Zmapp, a été donné à une dizaine de personnes et a notamment permis de guérir un médecin américain. Il est toutefois trop tôt pour savoir si ce vaccin est réellement efficace.

European Commission DG ECHO – ©Ebola in Guinea https://www.flickr.com/photos/69583224@N05/13717995444

 

Propagation

Trois jours après qu’une aide-soignante ait traité deux victimes d’ Ebola, elle a finalement contracté le virus en Espagne, renforçant les inquiétudes d’une propagation en Europe. Cependant, les chances d’une propagation sur le vieux continent sont faibles alors qu’en Afrique  les risques sont bien plus élevés et pris au sérieux. Les écoles du Libéria ont ainsi dû fermer.

La maladie pourrait devenir incontrôlable car le pays est entièrement contaminé. Le nombre de victimes doublerait tous les vingts jours et, d’après les spécialistes, d’ici 2 semaines nous pourrions avoir une première victime sur le sol français.

A ce jour, l’épidémie a touché plus de 7000 personnes dont un peu moins de la moitié ont succombé. Ebola a fait le plus de dégâts en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria. Un premier cas a aussi été détecté en dehors du continent africain, aux États-Unis (personne décédée le 8). Le malade aurait eu le temps de contaminer plusieurs personnes, dont dix sont suspectes.

Ce virus qui se transmet par le sang et par les voies respiratoires est actuellement l’un des plus contagieux. Il n’a donc pas fini d’alimenter l’actualité dans les semaines à venir.

Valentine Daléas & Colhin Iborra

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