Sortie scolaire dans le Comminges: découverte du patrimoine culturel d’antan

En cette journée pluvieuse du mois de novembre, les professeurs de latin ont emmené leurs élèves de seconde et de première visiter les vestiges de la ville de Lugdunum Convenarum, la « capitale des convènes ». Ils se situent à proximité de Saint-Bertrand-de-Comminges dans le sud de la Haute-Garonne, non loin de Montréjeau. La ville, fondée par le général Pompée il y a près de 2000 ans, commença à se développer au Ier siècle av. J.-C., sous le règne d’Auguste.

Cour d'honneur
Cour d’honneur

Nous avons pris la route, et dès notre arrivée, nous avons été plongés dans le monde très particulier des Romains. En effet, notre première destination était la villa gallo-romaine de Montmaurin. Il s’agit d’une immense demeure d’un hectare et demi qui fut, on le suppose, occupée au Vème siècle ap. J.-C., avant d’être abandonnée.

Nous avons alors découvert le mode de vie très luxueux dont profitaient les propriétaires romains de ce village, bien différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ; nous avons tout d’abord été surpris par de vastes jardins, qui portent le nom de cour d’honneur.

Il s’agissait de la seule pièce de la villa qui n’était pas couverte par un toit. C’était un moyen pour les maîtres de maison de l’époque d’exhiber leur richesse, par exemple lors de banquets.

Nous avons poursuivi notre visite et découvert de nouvelles pièces typiques de la période romaine, comme le tablinum, cabinet destiné au maître de maison, l’atrium, cour intérieure de la villa, ou encore le triclinium, une grande salle-à-manger, ainsi que des thermes.

A l’époque, on avait l’habitude d’entretenir sa maison afin qu’elle soit la plus somptueuse possible. Ainsi, il était courant d’avoir des sols décorés avec des mosaïques, ou encore des péristyles (galeries de colonnes) .

 

Temple
Temple

 

La vie romaine accordait également une place très importante à la religion ; dans la villa de Montmaurin, celle-ci se manifeste sous la forme d’un autel, dédié à Jupiter. Il y avait sans doute un feu, et des offrandes étaient effectuées à l’intérieur comme en témoignent les vestiges retrouvés lors des fouilles. 

mosaïques
Mosaïques
Logement
Logement
Tablinum
Tablinum

 

C’est ainsi que s’acheva notre visite.

Nous nous sommes rendus ensuite au restaurant « Le Lugdunum » à Saint-Bertrand-de-Comminges, dans lequel nous avons déjeuné. La faim affûtait notre curiosité et ils nous tardait grandement de goûter à ces mets. Nous avons donc découvert la cuisine particulière de la Rome Antique, inspirée par le célèbre cuisinier Marcus Gavius Apicius.

Notre repas a débuté par une saucisse de Lucinie accompagnée d’une bouillie à la Julius. Il s’agit de semoule assaisonnée d’aneth, de coriandre et d’anis.

Nous avons continué avec un poulet à la varda servi avec du porc aux baies de myrrhe et des lentilles à la menthe. Les viandes sont d’abord pochées, de façon à ce qu’elles soient plus tendres.

Enfin, en guise de dessert, nous avons dégusté des entremets, c’est-à-dire des mets que les romains dégustaient entre deux plats. L’assiette était constituée d’une patina de poires, qui est un mélange de poires cuites dans l’eau et d’épices, et de dattes enrobées de miel.

L’ensemble du repas était accompagné d’un verre de passum, que l’on nomme aussi « vin merveilleux » ou « vin miellé ».

Nous avons été surpris par l’omniprésence d’herbes et autres épices dans les plats. Mais surtout par les mélanges coexistant au sein de même plats alors que nous sommes habitués à des saveurs plus homogènes. Nous avons aussi découvert certains produits atypiques, comme le garum (liqueur de poisson), qui jouait le rôle de sel dans la gastronomie de l’époque.

Certains ont été surpris par ces saveurs et les ont trouvées trop prononcées, ou n’ont tout simplement pas eu de coup de cœur pour ces mélanges nombreux constituant ces plats, mais la plupart d’entre nous ont été conquis par ce repas, riche en saveurs et en parfums oubliés.

 

L'entrée
L’entrée

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Le Plat
Le Plat

Nous avons quitté le restaurant réchauffés et repus, pour continuer notre visite. Nous nous sommes alors dirigés, toujours sous la pluie, vers la cathédrale Sainte-Marie.

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La cathédrale Sainte-Marie

L’architecture de cette cathédrale, construite à trois époques différents et en des styles très différents, est particulièrement riche et intéressante.

  • une église romane, du XIIème siècle, fondée par Saint Bertrand.

  • une église gothique, du XIVème siècle, conçue, voulue et financée par le pape Clément V.

  • une église de bois, constituée par les boiseries Renaissance du chœur, fondée par l’évêque Jean de Moléon, qui fit installer le jubé, le buffet d’orgue, et les magnifiques stalles en bois du chœur.

Située sur la voie secondaire du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle (voie du Piémont), la cathédrale était un lieu très visité. 

Elle abrite le tombeau de Saint Bertrand de l’Isle, canonisé au VIIIème siècle et appartient désormais au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO, au titre des « chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ».

La cathédrale, pleine de trésors et de témoignages du passé, est aussi riche à l’intérieur qu’à l’extérieur.

C’est ainsi que nous avons repris notre chemin vers le lycée. A l’issue de cette journée riche en découvertes, on peut en conclure que les Romains…n’étaient pas nés de la dernière pluie !

Laura Erniquin et Jean-Philippe Trapes

Avec un grand merci à Chantal Ransou pour son intérêt et sa collaboration à l’article


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