À travers, l’histoire ou la recherche scientifique, on oublie souvent de mentionner certaines femmes. On pourrait penser qu’elles n’ont rien découvert et rien inventé. Pourtant, elles sont nombreuses à avoir contribué à des inventions et découvertes majeures. Ces dernières sont souvent victimes de l’effet Matilda, théorisé par l’historienne des sciences, Margaret Rossiter. L’effet Matilda explique, comment le travail des femmes est minimisé, voire nié, au profit des hommes. À présent, il est indispensable de rappeler que des femmes extraordinaires ont existé !

La première est une réalisatrice française, Alice Guy. Autrice d’au moins 500 films, elle est la première à introduire de la fiction dans des courts-métrages. Ces derniers, dépourvus de crédit ou de copyright, ont souvent été attribués à ses assistants. En 1910, après avoir épousé un caméraman qui l’entraîne aux Etats-Unis, Alice Guy fonde son propre studio. La Solax Film Company, aux projets novateurs, fait même tourner des afro-américains ! Malheureusement, elle cède son studio à son mari peu de temps avant son divorce et se retrouve ruinée. Ce n’est que depuis quelques années que son nom est réapparu dans le monde du cinéma.

La suivante est une astronome britannique exilée aux États-Unis. En 1925, Cécilia Payne-Gaposchkin obtient son doctorat en astronomie à l’école d’Harvard. Dans sa thèse, elle explique que les étoiles sont composées principalement d’hydrogène et d’hélium. Or, à cette époque, la communauté scientifique imagine une composition des astres similaires à la Terre. Le scientifique Henry Russel remet alors en cause cette découverte, et dissuade Cécilia de publier sa thèse. Après quatre ans de recherches et de calculs, Henry Russel parvient finalement à la même conclusion. Dans sa publication, il mentionne les précédents travaux de la jeune femme. Pourtant, tout le monde retiendra le nom du scientifique et ignorera celui de Cécilia Payne-Gaposchkin.
Quant à la chimiste Rosalind Franklin, elle est la première à réaliser en 1951 une radiographie de l’ADN. Sur ce “cliché 51” elle identifie les deux hélices caractéristiques de l’ADN, aujourd’hui appelées A et B. Toutefois, ce sont les scientifiques James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins qui obtiennent le prix Nobel de médecine pour cette découverte, qu’ils ont dérobée à la chimiste.



En 1967, Jocelyne Bell est étudiante à Cambridge quand elle observe pour la première fois un pulsar. Ce reste d’étoile en fin de vie est très utile pour les astronomes. Ils utilisent les pulsars comme repères pour effectuer des mesures précises. Ils ont notamment permis de calculer la masse du système solaire. Très vite, l’étudiante et son directeur de thèse, Antony Hewish publient leur découverte. Mais seul ce dernier se voit attribuer le prix Nobel de physique, occultant le travail de Jocelyne Bell. Heureusement, elle fut récompensée en 2018 par un Breakthrough Prize en physique fondamentale.
Ces quatre femmes, aussi exceptionnelles que leurs découvertes, sont progressivement reconnues pour leurs travaux. Cependant, elles sont certainement encore nombreuses à être dans l’anonymat et oubliées des manuels scolaires.
Julie Hombert

