





Dans une pièce baignée de lumière rouge (car le papier n’absorbe pas la majorité des rayonnements rouges), nous tentons de rendre notre image visible en la plongeant dans un bain révélateur. On se croirait presque dans un film, avec cette lumière particulière et cette ambiance un peu mystérieuse. Le suspense est à son comble! Grâce aux bains, les endroits du papier ayant capté la lumière vont devenir sombres : nous pouvons désormais enfin observer si notre prise est de bonne qualité, attention tout de même à ne pas être trop gourmand au niveau de la révélation au risque de faire réagir l’intégralité du papier !
Et voilà ! après beaucoup de précision, patience, rigueur mais surtout beaucoup de créativité et d’imagination, place à l’euphorie de découvrir nos captures personnelles artisanales !
Les images visibles sont maintenant en négatif, c’est à dire que la couleur claire vue par nos yeux est sombre sur le papier et inversement, bizarre n’est ce pas ? C’est en fait parfaitement logique : en réalité, les objets clairs/colorés que nous pouvons observer dans la nature sont des objets qui renvoient énormément de lumière, c’est par ce fait qu’on peut les distinguer comme tels. Ainsi lors de l’exposition, ils envoient beaucoup de rayons en direction du papier et celui, alors marqué par la formation des éléments chimiques, va se colorer lors de la révélation ! A l’inverse, les éléments sombres de la réalité ne renvoient que très peu de rayons vers le papier : celui-ci ne réagira que très peu et ne se sera pas vraiment coloré !


Négatif issu de l’appareil photo
Positif créé à partir du négatif dans un logiciel de traitement d’image
De notre côté, ces expériences nous ont permis de comprendre à quel point toutes les actions que nous faisons quotidiennement peuvent être expliquées par la physique alors que sur le moment on n’y réfléchit pas forcément : la physique est super puissante, elle régit les phénomènes qui nous entourent et en la maîtrisant on peut anticiper les phénomènes futurs, comme nous l’avons fait pour la taille des trous nécessaires selon la boîte et le temps de pause.
On a énormément appris tous ensemble sur l’univers de la photographie : de quoi sont constituées les solutions qu’utilisent les photographes en développant, pourquoi ils travaillent sous certains types de lumières, mais aussi on a saisi à quel point c’est compliqué de travailler avec la lumière qui peut facilement changer ou s’introduire partout si on a un léger moment d’inattention : il faut s’adapter à elle et être très rigoureux pour avoir de bons rendus. Par cet atelier, nous avons eu l’occasion d’utiliser notre imagination et créativité, en recherchant des effets de lumière, de bons spots à capturer… afin de saisir le fonctionnement pourtant à première vue complexe des appareils photos de manière très plaisante !
« L’atelier à moi, m’a permis de découvrir des talents cachés de pseudophotographe! »
En parallèle de tout ce qu’on a appris, l’atelier nous apporte aussi une autre relation à la photographie. Aujourd’hui, on a l’habitude de prendre des photos très rapidement avec nos téléphones, presque sans y penser. Ici, c’est tout l’inverse : chaque image demande du temps, de l’attention et plusieurs étapes avant d’exister.
Ça change complètement notre manière de voir les choses. On ne retient pas seulement l’image finale, mais aussi tout le chemin parcouru pour l’obtenir. Chaque photo devient alors liée à un moment précis, mais aussi à tout le travail et aux essais qu’il a fallu faire.
Au final, ça rend les séances du mercredi vraiment marquantes, parce qu’on ne fait pas que “prendre une photo”, on vit toute une expérience autour.
Et puis c’est assez impressionnant de se dire qu’on a réussi à créer un appareil photo avec presque rien, simplement grâce à des principes de physique.
Voici quelques unes de nos observations :
- Les boîtes les plus petites ou avec des formes singulières réussissent moins que les grandes boites classiques.
- La rigueur au niveau des temps de pauses et de révélation est à prendre au sérieux ! un peu trop ou pas assez et c’est fichu !
- On doit apprendre à travailler avec les moyens qu’on a : nos instruments ne peuvent pas toujours être aussi précis qu’on aurait besoin, notamment nos instruments de mesures et nos propres yeux au moment de percer et mesurer le trou, il faut accepter une marge d’erreur et continuer d’essayer de produire malgré tout.


Mais attendez ! Notre aventure ne s’est pas arrêtée là ! Bien qu’il soit possible de mettre les images en positif grâce à des logiciels de traitement, nous nous sommes mis au défi de rendre nos images positives en conservant des moyens ancestraux, mais ceci sera le sujet d’un prochain article orienté sur le fameux sujet des « cyanotypes » ! On se retrouve là-bas ! A très vite !
Jade, Julien, Juliette, Zoé et Eléa


